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OU LES DIABLES BLEUS (BLUE DEVILS

Le i5 octobre i83i, la Revue des Deux Mondes commençait la publication d'une œuvre du Comte Alfred de Vigny. Les Consultations du Docteur Noir, Petit fragment d'un gros livre. Première consultation.

Le \" avril i832 paraissait la troisième partie et bientôt après le volume in-S" chez Gosselin et Renduel.

Les conversations philosophiques du poète, souffrant de « vapeurs », — nous dirions de neurasthénie, — tourmenté par les « diables bleus », avec le docteur, constituent une œuvre profondément originale. L'imitation de Sterne et d'Hotfmann ne s'y joue qu'à la surface.

« Le poète méconnu, étouffé, ulcéré, que les gouvernements haïssent ou dédaignent, et que la foule ne couronne pas » était devenu pour Vigny un « héros favori » dont il « revendique les douleurs et dont il venge l'angoisse ». (Sainte-Beuve.)

Nous voyons mourir sous nos yeux Gilbert, Chatterton, Chénier. La royauté absolue, la royauté constitutionnelle, la république démocratique, laissent périr de faim ou de misère, quand elles ne le tuent pas, l'être rare qui a reçu le don fatal de poésie. A ces infortunes — que Vigny narre avec complaisance, mais avec infiniment de charme, de passion et de fraîcheur — la Destinée réserve une compensation posthume : l'immortalité du nom.

« Quel est ce Stello ? quel est ce Docteur-Noir ? » se demande Vigny à la dernière page de son livre. « Stello ne ressemhle-t-il pas à quelque chose comme le sentiment ? Le Docteur-Noir à quelque chose comme le raisonnement ?

« Ce que je crois, c'est que si mon cœur et ma tête avaient,

entre eux, agité la même question, ils ne se seraient pas autrement parlé. ))

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