I. Mémoires, t. V, p
ET LES Biographes de Sénecé. 59
étendue et de tenir pour suspectes les assertions de ses prédécesseurs ; mais il laissoit tout à faire : ni lui , ni M. lie Feletz, qui^, dans le Journal de VEmpire, rendit compte de cette publication, ne se soucièrent de chercher dans la poussière du passé les titres modestes du vieux poëte '.
Une vingtaine d'années plus tard, M. Cap entreprit à son tour de donner enfin une édition définitive ; il réunit des matériaux, consulta M. de Monmerqué, qui lui-même avoit eu l'intention de publier un Sénecé, reçut des communications de la Société des bibliophiles, et fut encouragé par l'Académie de Mâcou, qui, sur ime lecture de lui , souscri>it pour cent exemplaires. Se mettant à l'œu^Te, il publia comme spécimen la Lettre de Clément Marot (Lyon, Durand et Peirin, iSîd). Le manuscrit de l'Arioste rajeuni fut acquis par M. Cap; enfin, il auroit exécuté son plan si des travaux scientifiques ne Tavoient point détourné de cette occupation littéraire.
J'avois formé le projet, après une lecture des contes de Sénecé, de donner une Etude sur cet écrivain. Mes recherches me firent espérer que je pourrois faire mieux encore; bientôt mon séjour à Màcon me permit de réunir les matériaux d'une biographie et d'une édition. Ce fut alors que j'appris que depuis vingt ans le même travail avoit été commencé par M. Cap. J'obtins qu'il me confiât ses notes. La communication on ne peut plus obligeante qui m'a été faite des parchemins et papiers de famille, par M. de Béost, qui a contribué à l'œuvre de toutes le manières possibles; —de manuscrits
I. Dans le Journal de Saône-et-Loire , de de'cembre iSSg, M. de La Rochette donna deux feuilletons sur Bauderon de Se'nece'.
6o Note sur les Èdïtelrs.
très-nombreux, par MM. de Davayé, de La Guiche et de La Balmondière; enfin, mes visites aux bibliothèques m'ont permis d'établir ou de rétablir les faits biographiques et décomposer la présente édition. Je me suis efforcé d'y faire entrer les morceaux les plus curieux , en les choisissant tantôt au point de vue littéraire, tantôt sous le rapport historique , comme témoignages contemporains. Ont été laissées dans les éditions antérieures ou dans les recueils, les pièces les moins heureuses ou même celles dont les bonnes parties sont mêlées k de très -longs développements : parmi ces dernières, je signalerai aux historiens de notre littérature des pièces de critique dont plusieurs passages font honneur à Sénecé, sur l'épigi-amme (éd. 1717), — sur le goût des romans (journal helvétique, 1742, t. ler, p. 54).
Quant aux pièces inédites, on trouvera dans le second volume une note explicative.
Quel que soit le sort de ce travail, je serois heureux d'avoir ajouté une page à notre histoire littéraire ou rendu quelque lustre au nom du vieux poëte. Ceux qui l'aiment voudront, je l'espère, accueillir ce livre avec la même sympathie que les couàtoyeus de Sénecé en ont accueilli le projet,