‹ Œuvres choisiesChapitre 11 sur 244 · I D AS · texte numérisé non relu

I D AS

Quoi ! seigneur, ce traité, cette paix qui s'achève...?

D A NA D s.

Celte paix dans mon cœur n'est qu'une affreuse trêve ; Je veux l'ensanglanter; je veux que ses horreurs De la guerre aujourd'hui surpassent les fureurs. Tu connois Egyptus et nos longues querelles; Tu vis au Lord du Nil ses intrigues cruelles : Il eut pour lui le peuple ; ô fatal souvenir ! De l'Egypte et du trône il osa nie bannir: Un tel outrage expose à trop d'ignominie ; Ami , l'injure croît tant qu'elle est impunie. J'ai fui vers l'Inachus , j'ai conquis , j'ai régné , Sans trouver de repos dans mon cœur indigné , Ne voyant qu'un perfide , et méditant sa perle : Enlîn l'occasion par lui m'en est offerte ; Assis insolemment au trône de Mempbis, Pour gendres c'est à moi qu'il propose ses fils : Je rejette les nœuds et la puisqu'il présente ; Irrité d'un refus qui trompe son attente, U demande à ses fils ou ma tète, ou ces nœuds ; Il les arme , il les presse, il accourt avec eux ; Et tandis qu'au dehors l'horreur et le carnage Régnent devant ces murs qu'ose attaquer sa rage, Des factions encor le feu plus redouté Au sein même d'Argos est par lui fomenté. Je suis son ennemi, je le suis des l'enfance : Il scrabloit que mon cccnr prévit sa violence ;

11 7ItPËR.MXESTRE.

Tu l'as vu me bannir, tu l'as vu m'assié*;t'r:

,1 ';ii cédé, j'ai promis, mais pour mieux me veuger.

Il est parti d'Arijos; c'e9»moi qui lui suscite

l.'tuueini ilout il craiut l'incursiou subite:

Sans peine à l'éloigner ainsi j'ai réussi ;

Mais je l'écarté , Id;i.' , pour l'aceabler ici ,

Pour pouvoir, lui cachant ma fureur vengeresse ,

Le frapper à loisir dans ses fils qu'il nie laisse :

L'hymen n'aura pour eux que funèbres flambeaux ,

Lt leurs lits cette nuit vont être leurs tombeaux.

IDA s.

Je frémis à la fois pour eux et pour vous-mèmi; : Eh ! [lOtivez-vous, seigneur, sans un péril extrême;'...

DA N A u s.

Tu vas être étonné. Je ne puis , cher Idas , Donner sans m'expo^er l'ordre de leur trépas ; La force ouverte ici seroit trop dangereuse; D'assassins trop nombreux la foi seroit douteuse ; Les traits qu'il faut lancer retomberoient sur moi : Pour préparer mes coups , pour frapper sins effroi , J'ai des ressoits plus prompts, j'ai de plus sûres

trames; C'in Ire tous ces époux j'arnre en secret leurs femmes, l'.h I fpielle joie, Idas, et quel triomphe heureux De les livrer aux mains qu'ils forcent à ces noeuds ! Quel plaisir de punir leur audace effrénée î'.n renversant sur eux les autels d'hyméuée ! I) Kgyptus c'est ainsi qu'on me verra vengé, ]'^t si ce u'est en roi , c'est en frère outragé.

IDAS.

Mais, seigneur, à vos vœux si vos filles rebelles Traversoient vos ])rojels..,

u A N A II s.

l'Jles seront fidflies :

ToutPS,hor.<)lYpcrmue«lre ,ont appris mon desscir»

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