SCENE V
LE GRAND ERAMiNE , LES RRAMINES.
LE GRAND BRAMINE, aux. Jiiamiues.
Attendre ! différer ce qu'il faut maintenir ! Quel est donc .son dessein.'' Quand on craint la
conquête, A conserver nos moeurs est-ce ainsi qu'on s'apprOle? De sa fausse prudence il faut nous défier ; Lui-même à mon dessein je le vais employer. Oui , quoi que dans ce jour le Gouve renr proposr , De Brama sur ces bords soutenons mieux la cause. Loin que le sacrifice en ces lieux attendu Pour le siège un moment doive être suspendu , Ah! n'est-ce pas plutôt par de tels sacrifices Qu'il faut à nos guerriers rendre les dieux propice.* .' Cet usage , élabli p.ir la nécessité , Par la religion fut encore adopté; Et la loi des bûchers une foi rejetée, Oii s'arrèteroit-on.'' Une coutume ôtée, L'autre tombe; nos droits les plus saints, les plus
chers , Nos honneurs sont détruits , nos templ es sont déserts: Plus la coutume est dure, cl plus elle est {)uissante. Toujours devant ces lois de mort et d'épouvante Les peuples étonnés se sont courbés plus bas. Si ces étranges mœurs u'étoieut dans nos climats, Quel respect anroit-on pour le Rramine austère? Des maux qu'il simposa la rigueur volontaire Seroit traitée alors de démence et d'erreur :