‹ Œuvres choisiesChapitre 130 sur 244 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Ijii frère en vain vous aiine.

LA VEUVE

llélas ! j'aurois gémi De marcher au bûcher conduite par un frère. Et je gémis de voir qu'il cherche à m'y soustraire ; Dénaturé, Fatime, il m'eût percé le cœur ; Sensible , il me déchire, il veut mon déshonneur. Telle est ici ma gloirfe et cruelle et bizarre , Qu'il en est l'ennemi pour n'être point liarbare. N'étoit-ce point assez qu'il me fallût bannir De mon ame attendrie un trop cher souvenir. Sans avoir à combattre encor, dans ma misère, La voix de la nature, et le secours d'un frère.-*

FATIME

Eh! pourquoi vous tracci." sous de noires couleui-s Ce qui peut au contraire abréger vos malheurs? Pourquoi désespérer.-* Tout vous presse de vivre , La trêve qu'en ces lieux la conquête peut suivre , Un frère retrouvé ; le dirai-je ? un espoir Plus cher à votre cœur, et qu'il peut concevoir. Eh! qui sait dans le camp s'ils n'ont pas connoissance De cet Européen dont vous pleurez l'absence.''

LA VEUVE

.Je saurois son destin..! Dieux! quel espoir m'a lui .' Heureuse Lanassa! tu pourrois aujourd'hui..! Mon ame, en ces moments ouverte à l'espérance, Chancelle en son dessein et perd de sa constance. Moi , je m'immolerois, quand , pouvant être à moi , U me conserveroit son amour et sa foi! Moi , libre désormais d'un funeste hyraénée , Maîtresse de ma vie et de ma destinée..! Fatime , où m'égaré-je.»* Ai-je donc oublié...-* Quel songe vient m'offrir ton aveugle amitié ! A. quel espoir trompeur ton zèle me rappelle ! Tu veux me consoler.** tu m'accables, cruelle !

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