‹ Œuvres choisiesChapitre 152 sur 244 · I. EJEUîfEBRAMINE · texte numérisé non relu

I. EJEUîfEBRAMINE

Sans doute en d'autres lieux le ciel l'a retenu ;

Mais qu'avec mes destins mon cœur vous soit connu .

Autant que je le puis je répare l'injure

Qu'en ce climat barbare ou fait à la nature ;

Loin d'exhorter ma sœur à subir le trépas,

C'est moi qui vous cherchois , c'est moi qui sur vos

pas A'enois me joindre à vous pour lui sauver la A'ie ; Jai tout lente près d'elle , et ne l'ai point fléchie ; Mais je suis trop heureux dans ces moments d'effroi . Puisqu'elle trouve en vous même intérêt qu'en moi, A'^ous êtes né sensible, et le ciel nous ordonne De sauver, s'il se peut , des jours qu'elle abandonna . Arrachons Lanassa...

LE GÉNÉRAI

La foudre m'a frappé !

Quel nom .'

LE JEUNE BRAMINE

Quel cri , seigneu r, vous est donc échap j;é ?

Lanassa la victime !

LE JEUNE BRAMINE

Elle vous est connue ?

LE GÉNÉRAL

Lanassa pour mourir dans ces lieux retenue ] Et j'iguorois mes maux, et je venois si loin Pour ('tre de sa mort l'infortuné témoin .'

iT» LA VEUVE DU MALABAR.

Je veux la voir.

LE JEUNE BRAMINE

Seigneur...

LE GÉNÉRAL

J'y voleà l'instant même.

Veux-tu doue que je laisse immoler ce que j'aime .•"

LE JEUNE BRAMINE

Vous l'aimeriez.'' qui! vous .''

LE GÉNÉRAL

N'arrête point mes pas.

LE JEUNE BRAMINE

D'impénétrables murs ne vous permettront pas... Et la trêve interdit, seigneur, la force ouverte ; Oui, ce seroit courir vous-même à votre perle. IN 'allons pas rendre vains, par d'aveugles transports. Les prodiges qu'un Dieu fait pour nous sur ces bords.

Eh ! que peux-tu pour elle eu ce péril extrême .•*

LE JEUNE BRAMINE

Il est un souterrain caché dans ces murs même , Et par où l'on m'a dit qu'une femiiie autrefois Fut soustraite à prix d'or à la rigueur des lois : Il répond dans ces lieux à cette fosse ardente Ou doit s'ensevelir la victime innocente, Et par d'autres détours à la mer il conduit. Kientôt la trêve expire , et le meurtre la suit : Si le Hramine alticr presse le sacrifice. Au défaut de la force employons l'artifice, Mot du sein de ce temple, avec vous au dehors; Le ciel , c'est mon espoir, va servir nos efforts.

LE GÉNÉRAL

Si près et si loin d'elle ! ah ! chaque instant me tue ! Je frissonne d'horreur; mon oreille éperdue Dans des feux dévorants croit entendre ses cris.

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