ACTE IV, SCENE VIII. i-i
LE JEUNE BRAMINE
Ah ! seigneur, commandez encore à vos esprits : Redoutez aujourd'hui ce zèle fanatique, D'où sortiroit bientôt la révolte j)ublique; Avec nous , dans ce temple , on sait votre entretien ; Les esprits soulevés n'écouteroient plus rien. Pour sauver Lanassa , quelque soin que je prisse , Vous-même vous feriez presser le sacrifice. Regagnez votre camp , pour Lanassa , pour vous ; Dérobez-vous sur-tout à de perfides coups.
LE GÉNÉRAL
Eh bien, je veux t'en croire, et suis sans déiianci' -. Mais, de ton zèle ici pour première assurance , Viens donc chez le grand-prêtre abjurer devaut uioi Le ministère affreux qu'il n'a commis qu'à toi.
Que dites-vous? non, non; il me faut au contraire
Feindre encor de garder ce fatal ministère ;
Il seroit aussitôt remis en d'autres mains :
Le délai nous sert mieux contre des inhumains.
LE GÉNÉRAL
Je cède à tes raisons , ton zèle me rassure : .le servirai l'amour, cours servir la nature.
LE JEUNE BRAMINE
Ma soeur me résistoit ; mais je vais l'informer Quel liras en sa faveur aujourd'hui va s'armer- Le grand-prêtre s'avance: adieu, seigneur; je tremble Que le barbare ici ne nous surprenne ensemble: Adieu, comptez sur moi.
174 l'A VEIVE Dl" MALABAR.