SUR I. E MEME SUJET
Cependant du trép;is on atteignoit Fasile. L'if et le buis lugubre , et le lierre stérile , Et la ronce à l'entour croissent de toutes parts. On y voit s'élever quelques tilleuls épars. Le veut court eu sifflant sur leur cime flétrie ; Non loin s'égare un fleuve , et mon ame atteuJr e Vit dans le double aspect des tombes et des flots .L'éternel mouvement et l'éternel repos.
(M. de Fontanes).
ORIGII^E UK LA FLUTE.
Arcailie, ;iulrcfoi.ssiriclie eu ses campfignes(i ), Vit une hamauryade errer sur ses montagnes; Syi'inx étoit son nom : la beauté de ses traits Des Nymj)lies d'alentour effaçoitles attraits; Eelle , mais inliumaiue, elle avoit,parla fuile, Du Faune et du Satyre éludé la poursuite : O Diaue! elle avoit ta grâce encbanteresse , Ta démarche, ton air, et ta cliaste rudesse; On la prendroit pour toi , si sou arc étoil d'or. Et souvent toutefois on s'y trompoit encor. Le dieu Pau l'aperçoit, il desceud des montagnes : En beauté, lui dit-il, vous passez vos compagnes ; Je suis dieu , je vous aime, et le ciel m'est témoin... A peine a-t-il parlé, la Nymjibe est déjà loin : Vers les bords du Ladon elle fuyoit craintive ; Son amant la poursuit et l'atteint sur la rive.
(i) Voyez sur le même sujet les Métamorr.hoses d'Ovide et la traduction de Sainî-Auge.
DU POEME DES FASTES. «ji
Ciel ! comment échapper ? La voilà ,~ dans ce lieu , Entre les eaux du fleuve et les transports du dieu. Nym^ihes, à mon secours! de loin s'écria-t-elle ; Elle trembla , piilit, et n'en fut que plus belle, Diane la transforme ; et Pan, qui sous les eaux Couroit pour l'embrasser, embrasse des roseaux. Jl se plaint, il gémit; mais, tandis qu'il soupire, Les airs furent émus par un léger zé^i livre , Et tout-à-coup du creux des roseaux frémissants Il entendit sortir je ne sais quels accents. De quel étonnement son ame fut atteinte ! C'étoit l'air dans les joncs qui répétoit sa plainte. Ingrat objet, dit-il, qui dédaignois ma foi, Ta forme a disparu, tu ne peux être à moi; Mais je veux qu'à jamais, malgré mon sort funesie , A l'aide de ces joncs quelque entretien nous reste. Il dit, et dans l'instant il coupe des rostaux , Ouvre à 1 air un passage en ces divers tuyaux , Les presse de sa lèvre, et des sons qu'il en tire Naissent les doux accents que la llùte soupire. Ainsi la fable a su , par un emblème heureux , De l'amour et des arts nous découvrir les nœuds. (Chant XVI. 5
FIX DES Fl\ ACMtXTS DU TOEMK DIS FASI ES.