FAITES DANS LES SCIENCES ET DANS LES ARTS SOUS LE REGNE DE LOUIS XV
V>iROiRE tout découvert est une erreur profonde; • C est prendre l'horizon pour les bornes du monde, Souvent,sansnous, le temps, quelque! ois le hasard Fut l'auteur d'un prodige ou l'invenltur d'un art • Mais plus d'uugermeheureuxiieiueureoisil encore Privé du feu divin qu'il attend pour eclore : Le génie est ce feu, créer est son destin; L'esprit d'uu seul s'épuise . et non l'esprit humain.
Ou suis-je entré.' (|uel est cet appareil magique Dressé pour nous offrir la puissance électrique.' Un nouveau phénomène ( i ), un rival de l'aimant Un fluide subtil au double mouvement , De tout ce qui l'enferme avec force s'échappe , Il court d'un corps à l'autre, il étincelle , il frappe. Moteur impétueux, son rapide secours Peut au sang arrêté (2 ] rendre son premier cours. Utile découverte et ressource hardie
(i) L'électricité.
(a) Elle peut guérir la paralysie.
^4 POESIES DIVER.SES.
Pour cet art inventé par l'amour de la vie.
Est-ce en moi vain délire, ou prophétique ardeur ? Mon espoir est trop grand pour n'être qu'une erreur; Ce prodige naissant , dont la cause est obscure , Mortels, doit être un jour la clef de la nature.
Séjour des malheureux que Thémis tient aux fers, Et vous, lieuxd'assistance au pauvre infirme ouverts, Vous aussi, souterrains à qui nos bras arrachent Les métaux dangereux que vos antres nous cachent. Vaisseaux dans un long cours trop souvent égarés Qui portez tout un peuple en vos flancs resserrés A la contagion vous alliez être en proie ; Contre elle quel pouvoir la physique déploie .' Des zéphyrs excités le favorable essaim (r) Entre de toutes parts , erre dans votre sein ; Soudain tout est par eux rafraîchi d'un coup d'aile; Leur haleine se joue, et l'air se renouvelle. Héros, qui dans LesLos te vis abandonné, Au temps où tu vécus si cet art étoit né , Peut-être on eût moins craint cette vapeur impure ( Ui'au vaisseau de tes Grecs exhaloit ta blessure.
Quels trésors inconnus ces savants jjassagers fa) Cherchent-ils sur les mers à travers les dangers ;' !)isci])les de Newton, flambeaux de la physique , Les uns sont emportés où brûle l'écliplique,
(t) Le ventilateur de M. Halles, anglais, adopté en France pour les mlues , les vaisseaux , etc.
(2) Voyages de MM. Maiipcrtuis, Ciah-aut, le Canins, sons le pôle; et de MM. de la Condamiue, Godin, Bouguei-, sous 1 éqiiateur.
Les autres sont guidés vers les antres du nord ; Louis même préside à leur pénible effort ; La soif de la science a dirigé leur route ; Des ports de nos climats partis avec le doute , Ils revolent vers nous avec la vérité ; Ils n'ont craint que l'erreur, et ce voile est oté. Aux lieux où de la terre ils fixent la figure , Une illustre colonue atteste sa mesure (i); Monument glorieux, jilus digne de nos vers Que celui dont Hercule étonna les deux mers.
Peinture, un nœud puissant aux sciences te lie ; Elles te doivent trop pour que ma voix t'oublie. Avant nous le tissu par tes mains animé Sous la lime du temps périssoit consumé. Quels secours ! cbaque image en son ordre enlevée (2] Sur un autre tissu passe et vit conservée : L'envie à cet aspect baisse un front confondu , L'art renaît , l'œil s'étonne , et le temps est vaincu ; Vous vivez à jamais , héros , grâces , et saj^es , Vous tous dans vos portraits,rartiste en ses ouvrages.
Qui ponrroit , du burin oubliant les progrès, De ces traits délicats abaisser les succès ."* Ainsi que la peinture, il imite avec grâce (3) ; Mais l'ame des couleurs manqueaux objets qu'il trace. Tout ne vit qu'à demi par ce sombre travail , Les prés sont sans verdure , et les fleurs sans émail.
(i) Cette coloune a été abattue, mais elle doit ilrc rétablie.
(2) La translation des tableaux d'uue toile usée à une autre. .
(j^ Les tableaux imprimés.
,j6 POESIES DIVERSES.
Un autre art plus heureux dans l'instant muliijjlie.
Mais colore l'image, en augmente la -vie:
Largesses du burin, vif éclat du pinceau ,
Je vois tout réuni par ce talent nouveau.
Quel phénomène encornait d'une autre industrie ! L'art des Zeuxis s'étend, s'éclaire et se varie ; En vain de ce prodige un autre Age est l'auleur Le uôtre le relcouve, il en est l'inventeur: On étale à nos yeux de nouvelles merveilles , Peintes avec ces sucs cueillis par les abeilles ; De l'insecte rongeur ces tiaits sont respectés, Sous quelque oblique aspect qu'ils nous soient présentés.
Jamais par le faux jour qu'on j^rcndroit pour un
voile.
On ne voit les objets confondus sur la toile; El l'on peut du pinceau réparer les erreurs, Sans altérer l'accord des premières couleurs. O découverte heureuse , et trop peu célébrée ! O ressource publique à mon sied e assurée ! Sur les dons de Cérès quelle contagion ! L'épi tomboit en |)OUiire atteint d'un noir poison(i), Un génie a paru dont la France s'honore, Habile, industrieux . plus citoyen encore; Et , par un philtre utile avec art préparé. Sous ses beureuses mains l'épi s'est épuré.
Combien d'autres secours l'homme aujourd'hui s'assure !
Que de voiles levés qui couvroient la nature !
(l) Maladie des bks, giicris par M.
Que de ressorts adroits inventés pour nos arts(i) ! De regards créateurs jetés de toutes parts ! De succès trop nombreux, pour qu'ici je les peigne.' Combien d'autres vont naître, ô Louis , sous ton
règne !
Il faut le voir entier pour remplir mon sujet ; Mais puisse être à jamais mon ouvrage impar/ait !
Est aliquid siib soie novum.