A UNE PETITE FILLE DE QUATRE ANS
Qui se plaisoit avec moi dans sa jeunesse.
Ixv feu qui dans les yeux pétille, A cette figure gentille
POESIES DITERSliS.
Dont soudain mon cœur raffola , Justement ^ dis-je , le voilà Qui, sans carquois et sans affiche , A Paplios laissant son tronsseaii ^ S'est avisé, pour faire niche, D'un corps de robe et d'un fourreau.
Je ne me suis trompé de gueie.
Tu n'y perdras guère à ton tour.
Si tu n'es pas le dieu d'Amour Tu seras quelque jour sa merc.
Tu semblois te plaire avec moi , Tu m'agaoois dans ta folie; M'aimerois-tu de bonne foi ?
Est-ce déjà coquetterie ?
Se i)eut-il .'* coquette à quaire ans ! Ah ! la nature est un grand maître , Et si par instinct tu peux l'être , Que sera-ce dans d'autres temps?
T'ai-je plu ? mais quel fonils y faire ? Ton goût n'aura pas de progrès ; A ton âge on est si lé;:ere !
On l'est encor long-temps aprts.
Dieux ! l'avenir me désespère ; Quand ma mignonne aura grandi , Je ne serai plus étourdi , Je n'aurai plus le droit de plaire.
De quelque grâce prinlaniere Chaque jour viendra te j)arer ; Mais que vais-je perdre à t'attpndre !
IN'ous n'aurons pu nous rencontrer ; Je te verrai volage et tendre, Dans l'illusion des beaux jours ,
loS POÉSIES DIVERSES.
Cueillir les roses des amours Quand je cesserai d'y prétendre.
Tout espoir devient superflu; Aujourd'hui tu ne peux m'enfendre, Et dans cpiinze ans le voudras-tu?