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A MADAME LA COMTESSE DE GRISMOJVDI

DONT j'ai traduit I,ES DEUX SONWETS PRÉCÉDENTS.

J EU NE et charmante nltiamontaine,

Et si brillante et si peu vaine

Ues dons que le ciel vous a faits.

Le traducteur le moins stérile

Ne peut pas plus rendre les traits

De votre esprit vif et facile,

Que le peintre le plus habile

Ne peut exprimer vos attraits.

C'est rarement qu'avec succès

Dans l'art de traduire on s'exerce ;

Les langues perdent au commerce;

Leurs -écLauj^ej sont au rabais.

Le copiste le plus hdele

Est , pour le lecteur dégoûté ,

Semblable ù l'amant maltraité,

A qui sa dame trop cruelle

Tient moins compte, plus elle est belle ,

De sa vaine fidélité.

Pour vous que les ]Mus,es inspirent.

Dont au jour les beaux yenx s'ouvrirent

Dans ce territoire des arts,

i32 POÉSIES DIVERSES,

Berceau de Virgile et du Tasse; Quoique j'aie un nom au Parnasse Qui m'ait attiré vos regards, Quoique sur-tout votre suffrage Ait enorgueilli mon courage , Laure nouvelle, ô Grismondi !

N'est-ce pas être trop hardi Que de touclier à votre ouvrage?

Faite pour orner l'Hélicon , Trop oisive par modestie, Lorsqu'une douce fantaisie Vous amené au sacré vallon.

De quel favori d'ApoUou IN'exciteriez-vous j>as l'envie?

Qui lit vos vers plems d'harmonio Se sent toucber profondément Par mille grâces naturelles, Dont n'approctient que rarement, Avec leurs phrases les plus belles.

Nos merveilleux à sentiment.

Parlez-vous d'ardeurs mutuelles?

Est-ce d'ingrats que vous rêvez? L'Amour a tiré de ses ailes La plume dont vous écrivez.

POÉSIES DIVERSES. i33

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