DE MADAME LA. COMTESSE DE GRISMONDI
A SES VERS, TRAUUITE DE I-'lTAI-IEN.
' B J E T s de tendresse , Ma lyre et mes vers !
Que le sort m'oppresse Du poids des revers ; Qu'il daigne me rire.
Vous serez toujours, Mes vers et ma lyre , Mes seules amours.
Eh ! sons votre auspice, Quel temps si couvert Qui ne s'éclaircisse !
Par vous seuls je vis Tous mes pas suivis , An bord des abîmes ,
Sur les âpres cimes Du fier Mont-Cénis.
Des Alpes quassiége L'éternelle neige L'aspect me iut doux; De ces hauteurs même Le péril extrême Me plut avec vous.
Autre scène éclose D'objets plus riants :
Quand je vins aux cliamp»
Que le Rliône arrose , Bords indasti'ieux , Si chers au commerce.
Par les dons heureux Que sa main nous verse !
Quand je descendis Et qu'ailleurs jfc vis La rive fertile Où la Seine , aux cris Du bruyant Paris., Coule si tranquille Au pied de l'asile De ses rois chéris. Epoque immortelle !
Toujours, ah.' toujours Mon cœur se raj)pelle Avec quel discours Plein de courtoisie Te fus accueillie De ce grand Bnffon , Cet esprit fécoD 1^5
Qni de la Nature
Sondant les ressorts ,
Ouvrit ses trésors
D'une raain si sûre,
Et, par maint écrit
D'un styJe énergique,
De Pline obscurcit
La s])lendeur antique.
Avec quel accueil ,
Dont mon cœur s'houore,
Me reçut encore
Lalande , dont l'œil
Pénètre sans peine
Cette immense scène
Qu'étalent les cieux
Pour lui si visibles ,
Mais inaccessibles
Aux vulgaires yeux.