‹ Œuvres choisiesChapitre 217 sur 244 · MADAME ELIE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

MADAME ELIE DE BEAUMONT

o u s qui , parmi les neuf savantes , Eigurez sur le double mont, De fleurs mille fois trop brillantes Vos mains ont couronné mon front :

Déjà de soi l'orgueil frivole N'est que trop prompt à présumer; L'encens qu'on brûle pour l'idole

i/,o POESIES DIVEkSEb,

Sert souvent à la cousuinei- ; Le talent trop vanté s'arrête; L'esprit par ce cliarme énervé Recule et rampe loin du faîte Où, sans la vapeur qui l'entête, Il seroit peut-être arrivé.

Jadis le jeune Téléuiaque , Suivant un phospliore Ilatleur, Débarqua sur un bord trompeur.

Croyant embrasser son Ithaque :

De l'amour-propre suborneur c'est là l'image allégorifjue, Quand la folle présoiiqition Pour le point de perfection Nous fait prendre un but chimérique :

Craignez pour moi l'heureux accueil Dont vous honorez, mon ouvrage; Sauvez ma muse de l'orgueil Que doit donner votre suffrage ; Montrez par un goût sur et sage , En décidant de mes travaux, Combien votre raison diffère Du fiel que verse l'esprit faux D'une chouette hebdomadaire. A nos écrits soyez sévère; Mais si quelque tendre billet Vous est adressé de Cythere , Soyez indulgente au poulet ; Que la muse alors soit bergère.

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