CELEBRE CHANTEUSE
Qui avoit obtenu en Angleterre la liberté de six prisonniers francois,
i AR des sons pleins de douceur, Tels que le dieu de la lyre Aux bords du Tibre en inspire I-F.MIEKRK. 2, 9
i46 POESIES DIVERSES.
A ce peuple né cbauteur , Avoir su faire sourire L'Anglois austère et rêveur ; O toi ! rivale d'Orphée, C'est là le moindre trophée Dont tu dois tirer honneur.
L'insulaire en belle humeur Qui jette l'or à poignées Au virtuose , à l'arteur , T'offre en vain plus de guinées Que l'aurore sur les Heurs INe laisse briller de [)leurs Dans les belles matinées.
L'or a pour toi peu d'atirails.
n Qu'on délivre six I" rançais , T Qu'on abrège leurs alarmes :
cf Yoilà , dis-tu , mes souhaits.
« Si mes chants ont quelques charmes , « C'est le seul prix que j'y mets. »
Près d'une muse si rare Qu'illustre tant de vertu.
Quel monstre paroitras-tu , Hérodias trop barbare , Dans ton triomjihe honteux .' Quoi ! de ta danse légère Tu demandes pour salaire Que le sang coule à tes yeux !
Quel incroyable assemblage De grâce et de cruauté .' Joindre les arts du bel âge A tant d'inhumanité !
Le zéphvr souffler l'orage !
Telle est la férocité De la perfide syrene , Qui vers les écueils cachés Par des chants si doux entraîne Ceux que leur charme a touchés. O toi ! dont l'art est propice Autant qu'il est enchanteur, Généreuse cantatrice Jouis de ce double honneur.
Simouide .avec justice, Sentit la maiu prottctrice Des dieux chantés dans ses vers :
Toi, tu remplis leur office.
Tu chantes et romps des fers.
Mais un cri part du rivage; Et déjà la liberté En maritime équipa£;e Avec un air de gaité , Pour ceux que ta main dégage "Vient de couper le cordage Qui tient l'esqnif arrêté :
Ils partent d'un cœur sensible.
Après un exil pénible , Pour revoir des bords chéris.
Chloé, ta voix argentine.
En ravissant leurs esprits , Eût suspendu leurs soucis :
Mais ta vertu les termine.