A MADEMOISELLE DE
Qui avoit rbabitude de veiller.
H ! quoi , lies heures de repos l'aire des veilles meurtrières, Et fouler aux pieds des pavois Qui devroient couvrir vos j)anpieres !
Vous liez-vous à vos vingt ans ?
Ou , lasse de vos agréments , Dans votre nocturne manie.
Voulez-vous, sous un œil éteint , llemplacer les fleurs d'un beau teint l'ar la pâleur de l'insomnie ?
ilélas ! sur les ailes du temps La beauté s envole assez vile l Ne précipitez point sa fuite l'ar des caprices imprudents.
Héro veilloit,maispouraltendre T>e jeune et fidèle I.éaudre, Qui bravoit uu ciel obscurci El l'onde en courroux, pour se rendre A son tête-à-tète chéri.
Pénélojie faisoit aussi De ses nuils l'entier sacrifice, Attendant toujours son Ulysse, Objet de son tendre souci.
Mais vous qui, malg^ré la couronne
Dont les grâces vous ont fait don , Semblez vivre dans l'abandon Des droits que la beauté vous donne ; Vous dont l'espiit se passionne, Non le cœur; vous enlîn, dit-on, Qui n'attendez jamais personne, Quel est donc ce travers nouveau ?
Vénus, aux couleurs si vermeilles, N'a point choisi pour son o seau Le hibou, triste amant des veilles.
Au sommeil laissez-vous gagner:
Car, de votre couche déserte, C'est trop long-tems vous éloigner ; Et de vos nuits en pure perte L' Aruour commence à s'indigner.
Il venge l'affront qu'on lui cause:
Optez donc, et dès aujourd'hui , Ou dormez lorsque tout repose.
Ou veillez quelquefois pour lui.