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LE SIEGE DE CALAIS, ROMANCE

Ix R Edouard , roi d'Angleterre ,

Calais bloqué Se voyoit confisqué ; La Eaim, cousine delà Guerre,

Met aux abois

Les plus riches bourgeois :

Pour tout festin ,

Même pour pain .

Dans ce coin de la terre, Les ossements pétris,

Les souris, Par-tout étoient servis.

Indigné de leur résistance , Le prince anglais Leur envoie un exprès :

Livrez, dit-il , en diligence , A votre clioix , Trois paires de bourgeois ; Ou bien mon roi .

Semant l'effroi , S'en va dans sa vengeance , A grands coups de canon ,

Patapon , Vous mettre à la raison.

Eastaclie , pour sauver la place , Avec transport Se dévoue à la mort ; Les deux Wissans suivent sa trace, Puis avec eux Trois autres généreux.

Ils partent tous, Portant aux cous La funeste filasse ; Mais de ce nœud funeste

Leur grand cœur Fait un cordon d'honneur.

Eh ! qui jiourroit compter les larmes

Tombant de l'œil Des habitants en deuil.*" L'Anglais lui-même en ces alarmes ,

Le cœur navré, Se sent tout pénétré ;

Tant, ô -vertu !

L'on est vaincu Malgré soi par tes charmes.

Edouard obstiné ,

Roi mal né , Seul n'en est point gagné.

Ils alloient périr, quand la reine Vole aux genoux De son barbare éjioux :

Quoi! dit-elle tout hors d'haleine , Bons citoyens Mourir comme vauriens !

Se lamentant , Elle fit tant , Que, touché de sa peine , Le roi vit tout son tort;

Le reraord Contremanda la mort.

Depuis qu'une reine si bonne Sut enseigner Comment il faut régner,

Peut-oa priver de la couroune Les jolis fronts Qui portent des pompons?

Ali ! la bouté , L'humanité Sied si bien sur le trône!

Plus sensible que nous ,

Sexe doux, Ma voix sera pour vous.

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