‹ Œuvres choisiesChapitre 236 sur 244 · TRADUCTION LIBRE DE VIRGILE · texte numérisé non relu

TRADUCTION LIBRE DE VIRGILE

OoLEiL , as-tu jamais par des prodiges vains, Par des signes menteurs abusé les bumains? Tu présages souvent et les perfides trames , Et les divisions qui couvent dans les aines. C'est ainsi que le jour oii César e.'t tombé, Tu perds de ta lumière , et ton disque plombé Se conformant au deuil dont Rome éloit renipbe, D'une éternelle nuit menace un siècle impie; ront nous servit d'augure , et la terre et les eaux , Les chiens hurlant dans l'ombre et les cris des corbeaux.

Combien de fois d'Etna la fournaise brûlante Vomit, en se rompant, la lave ruisselante, Et répaudant au loin la flamme en tourbillons,

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D'un ilùJugt' de feux inonda nos sillons ! Des bruits d'armes dans l'air vers le Rhin s'enleu-

direut , D'inconnus treniblemenls les Alpes tressaillirent: Des forêts il sortit de lamentable* Voix, Des faulômes le soir errèrent dans les bois ; L'ivoire à nos autels et l'airain dégouttèrent; Prodige encor plus grand ! les animaux parlèrent. Que de gouffres ouverts , de courants arrêtés .' Le fougueux Eri dan aux flots précipités, Roi des fleuves, si fier de ce titre superbe, D'une onde tournoyante entraîne connue l'herbe Les pins déracinés, l'étable et les troupeaux. Le glaive est-il plongé dans le flanc des taureaux.'' Le viscère y pâlit, et le prêtre en frissonne; Une source de sang au fond des puits bouillonne ; Les loups dans nos remparts poussent des hurle-

men ts ; Le ciel, quoique serein, s'entr'ouvre à tous moments • L'éclair presse l'éclair, et la comète ardente Traîne au loin dans les airs sa queue étincelante. Aux champs de Macédoine ainsi l'on vit aux mains Une seconde fois Romains contre Romains : Et les dieux ont souffert que deux fois ma patrie, Engraissât de sou sang les plaines d'Emathie ! Loin de ces temps sans doute et de guerre et d'horreur, Dans ces champs malheureux un jour le Lboureur En promenant le soc heurtera , non sans transes, Et les casques rouilles, et les tronço::s de lances,

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Et fixera les yeux sur ces sillons nouveaux , Sur ces grands ossements , dépouilles des tombeaux.

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