‹ Œuvres choisiesChapitre 25 sur 244 · L. Y N c É E , relevant sa femme · texte numérisé non relu

L. Y N c É E , relevant sa femme

Tu Irembles, tu pâlis ; je succombe à tes larmes ; Je vt)is en frémissant tes morlelles alarmes. Quoi .' ce lâche tyran, cet infâme assassin. Ce monstre, impunément m'aura percé le sein !

ACTEiIII, SCENE m. ii

Je reprends ma fureur; cesse de le défendre : Tu m'arrêtes, cruelle !

HYPERMNESTRE

Ah ! dieux !

LYN C É E

Je vais l'alleudre ; 11 va venir ici te demander mon sang , Et moi le prévenir en lui perçant le flanc.

HYPERMNESTRE

Veux-tu donc m'exposer, en défendant mon père, A te livrer moi-même à toute sa colère ?

LYN CEE.

Le perfide ! abuser des serments solennels, Verser le sang des miens à l'ombre des autels, lUiser les plus saints nœuds qu'il a formés lui-même, Faire servir le ciel à son noir stratagème I Eh ! ne va point, d'un traître excusant les fureurs , M'alléguer un oracle et de vaines terreurs ; Au milieu des forfaits que ce monstre accumule , Il ne fut ni craintif, ni foible, ni crédule : 11 est fourbe et féroce , il est né pour haïr ; Pour ordonner le crime il eut l'art de trahir ; Il se consulta seul dans les horreurs qu'il ose ; L'oracle est le prétexte, et sa haine la cause.

HYPERMNESTRE, rapidement.

Non , ne lui prête point cet excès de fureur; L'oracle l'épouvante, et j'ai vu sa frayeur ; Avec moi jusque-là mon père n'a pu feindre : Même en le baissant, c'est à toi de le plaindre ; Daigne au moins l'éviter.

LYNC E E , toujours avec impétuosité.

Non , je n'écoute rien ; Il faut que son sang coule , ou qu'il verse le mien : De ses noirs attentats l'horreur est découverte ; "1 pus les perfides soinsqu'il prendroit pour ma perte, Sa garde, ses soldats, rien ne peut ra'ébranler :

33 hypermnestre:

jVlêrae lorsqu'il peut tout c'est au crime à trembler^

HYPERMNESTRE, hors d'elle.

,1 e ne me coanois plus... Quoi ! craindre en ma misère Le père pour l'époux , et l'époux pour Je père ! Entre quels ennemis suis-je placée .■* Eli quoi .' IN'aurai-je pu fléchir ni mon père ni toi ? ïoi t'exposer, te perdre ! ah ! puis-je te survivre .' Toi massacrer mou père! ah ! pourrois-je te suivre.'' Voir entrer dans mon lit un parricide époux... ! Mais je perds trop de temps à calmer ton courroux ; J'oublie en te parlant ton danger que j'augmente : Cruel ! vois à quel sort tu réduis ton amante ; Te meurs si tu péris par un père inhumain ; Mais je renojice à toi s'il périt par ta main, Si tu ne pars.

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