ACTE IV, SCENE II
Elles de leurs époux exécrables bourreaux , Elles de qui la main meurtrière et parjure A fait rougir rhymen , et frémir la uature? Je crois voir chaqueépoux plaintif, pâle, et sanglant. S'offrir les nuits en songe à leur esprit tremblant ; Je les vois se lever, fuir ces objets funèbres , Mais les spectres les suivre à travers les téuebres Les suivre avec le fer que leurs bras forcenés Ont plongé dans le flanc de tant d'infortunés : Pour moi, mon seul tourment est la haine d'un itère : Je souffre d'exciter malgré moi sa colère; Mais, punissant sur moi cet époux que je sers, Dussiez-vous resserrer, appesantir mes fers , Me prescrire l'exil , ordonner mon supplice. L'exil, les fers, la mort,n'onl rien ilout je frémisse: Quand je sauve un époux, quand j'ai dû le servir, Rien ne peut lu'arrachermènie un feint repentir.
DANA u s.
Rebelle! quand ta main m'a refusé sa tète, Oses-tu bien encor...? Je ne sais qui m'arrête... Téméraire.' oses-tu jusque-là devant moi Insulter à tes sœurs qui m'ont gardé leur foi ; Et , dans la passion riont s aveugle ton ame , Rie vanter ta vertu , qui n'est rien que ta flamme?
Ma flamme! ah ! l'honneur seul dans mon cœur
aujourd'hui De Lyncée en danger auroit été l'appui ; Mais de ce que j'ai fait , quoique mon cœur m'avoue, Je ne m'applaudis point, ni ne veux qu'on me loue : J'ai dii servir l'hymen ; mes sœurs l'ont profané ; C'est de leur crime seul qu'on doit être étonné. Prêtes àconsomaier ces affnux parricides, On ne concevra jioint comment leurs mains timides N'ont pas senti le fer tout-à-coup s'échapper A l'approche du cfieur qu'elles alloient frapper.
4a HYPERMNESTRE.
Je me suis plainte au ciel, au ciel inexorable ,
Qui in'iuiposoit la loi de paroître coupable ;
J'ai rougi qu'il fallût feindre de m'abreuver
De ce sang malheureux que je courois sauver ;
J'ai rougi d'employer contre vous l'artiilce;
De mes sœurs j'ai craint d'être un instant la complice :
Je bais trop leur fureur pour me la déguiser :
Je ne puis que les plaindre, et noq les excuser.