‹ Œuvres choisiesChapitre 57 sur 244 · ACTE I, SCENE I. (i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. (i

Ainsi que sans emploi deuieuraut sans éclat , Partageoieut li- sommeil du reste de l'Etat ; IVous n'eussions ni vécu ni laissé de mémoire : 11 s'ouvre devant nous un vaste cliamp de gloire; Echappés pour jamais à notre obscurité, La vengeance n us mené à l'immortalité ; El sans rien emprunter d'un titre héréditaire, Sans former nos honneurs d'une gloire étrangère, Anoblis par nos mains et par d'illustres coups, La splendeur de nos noms n'appartiendra qu'à nons.

TELL

Peut-être peu d'éclat suivra notre entreprise ; Loin de ces mouvements dont la terre est surprise, Loin des soulèvements où des peuples vcisius Le peuple qui s'agite entraîne les destins , Nous n'aurons signalé que le patriotisme ; L'homme n'admire guère un si simple héroïsme ; Cressler même est trop vil pour que dans l'univers Il nous soit glorieux d'avoir rompu nos fers ; Et le vain préjugé qui , dans la tyrannie , Se plaît à supposer toujours quelque génie, Voyant quel insensé nous a donné des lois, Pourra nous mépriser jusque dans nos exj)loi!s . Sans voir quel poids nos mœurs donnent à nus outrages , El qu'on doit par l'obstacle estimer les courages. Mais l'honneur dont ici nons pourrions nous couvrir N'est point le (iremier but ou nous devons coiu'ir ; .Sans dédaigner l'éclat qui suit la renommée, D'un sentiment plus pur mon ame est enflammée ; On a trop préfère la gloire à la vertu. De quehjue éclat qu'un nom puisse être revêtu, Te ne m'occupe point de cet espoir frivole ; .Vmi , pour mon pays tout entier je ni'iinniolc , Qu'importe qui je sois chez la postérité ?

(iO GUILLAUME TELL.

Nous affranchir, voilà noire immortalité: Que de si grands projets par nos mains s'accomplissent, Que la Suisse soit libre, et que nos noms périssent.

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