‹ Œuvres choisiesChapitre 67 sur 244 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

€ki ne peut les gagner, il faut donc les réduire,

Puisqu'eniln autrement on ne peut les conduire ;

Rodolph , par trop d'égards et par trop de bonté ,

De loin ouvrit le champ à leur témérité.

Ce peuple , sous Rodolph qui sut mal le connoilr e ,

Avoit un protecteur au lieu d'avoir un maitre.

Ils vivoient sous l'empire et non sous l'empereur.

Son fils de ces égards a reconnu l'erreur,

Son fils, moins indulgent, et meilleur politique,

IN 'a point laissé plier son sceptre despotique,

Et, si de ce pavs il m'a fait gouverneur.

Du rang qu'il m'a donné je soutiendrai l'honneur ;

Pour réprimer ce peuple et son audace extrême ,

J'irai dIus loin encor qu'Albert u'iroit lui-même.

U LR I G.

Et que résolvez-vous ?

D'armer, avec le temps .

Tous les autres cantons contre ces mécontents , Et d'entraîner ainsi dans la chaîne commune Tout ce qui peut encor traverser ma fortune, •le vais , en attendant, je vais plus que jamais Resserrer dans leurs fers ces esprits inquiets; Plus à mes lois, Ulric, ils veulent se soustraire. Et plus je déploîrai le pouvoir arbitraire; Vouloir les gouverner sur un plan modéré, C'est traiter avec eux, c'est régner à leur gré. C'est conduire leurs pas dans la route éclairée Qu'avant nous leur laison leur a déjà montrée; C'est d'elle , et nou de nous , qu'ils dépendent alors. Que dis-je.^ leur l.-nisser l'examen des ressoris, INous-mèm°s, oVsl sur nous tourner la déjiend: ncc ; Et, s'il vient un moment où leur obéissance Doit suivre aveuglément nos ordres absolus , Trop faits à nous juger, ils n'obéiront plus.

Notre conduite ainsi seroit donc incertaine,

Nos ordres limités, notre autorité vaine;

Il faut, pour .s'assurer de leur soumission,

S'asservir leur pensée, éteindre leur raison,

Et, leur donnant des lois bizarres, inutiles.

Ne laisser que l'instinct à ces esprits serviles.

Peuple indocile et vain dont la témérité

Croit braver mes rigueurs comme il fit ma bonté;

Il n'est rien que Gessler n'entreprenne et n'invente

Pour vaincre en ces cantons cette humeur turbulente;

Je te gouvernerai seulement par l'effroi.

Le front dans la poussière et tremblant devant moi ,

Sous mon joug,quel qu'il soi t,il faut que tu fléchisses,.

Et respectes de moi tout, jusqu'à mes caprices ,

Et qu'enfin ton esprit, par la crainte donué, . ,.

N'ose plus rien vouloir que par ma volonté.

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