SCENE II
DANAUS, HTPERMNESTRE , LINCÉE,
DANAUS.
Mes ordres sont donnés , Seigneur, et les autels bientôt seront ornés. D'Egypius et de moi la querelle est éteiule :
s IIYPERMNESTRE.
A igos enfin respire, et, bannissant la craintt , Avec impatience elle attend tous ces nœuds (Jui vont m'unir à vous, à mes autres neveux. Vous vous êtes ouvert ces remparts et ce temple ; J'ai cédé : mais je veux donner un autre exemple, i\le vaincre; et vous devrez peut-être à cet effort Autant qu'à votre bras et qu'aux faveurs du sort.
Ah! seigneur, doutez-vous que mon ame empressée Ne réponde aux bontés dont vous comblez Lyncée? llclas ! j'aurois voulu ne devoir en ce lieu Rien au soit de la gueire et tout à votre aveu : •le vous parle en mon nom , je parle au nom d'un père Qu'une trop longue II une a séparé d'uu frère, <Hù veut aux nœuds du sang rendre tout leur pouvoir.
Qu'aujourd'hui pour jani.ùs le monde puisse voir l/Inachus et le Nil couler d'intelligence ! Seigneur, vous le voyez, je suis sans déliance , J'ai renvoyé l'arnice avant que le traité Ici par son effet ait été cimenté ; .le suis sorti pour vous de l'usage contraire, De tant de souveraiïis politique ordinaire. Une telle prudence est honteuse entre rois; Quand l'honneur est garant, il suffît de sa voix : Et j'ai cru, si la foi de la terre s'exile, Que c'est aux cœurs des rois à lui servir d'asile.
Seigneur, la défiance est l'effet du mépris : La haine seule entra dans nos cœurs troj) aigris; Elle irrile bien moins que le soupçon n'offense. Egyplus vers le Nil retouine en assurance , Et sans autre ennemi que des voisins jaloux Dont il court prévenir ou repousser les eou[ s ; Témoin de nos adieux, vous m'avez vu sincère. N'osant le retenir, m'en séjiarcr en frère,