‹ Œuvres choisiesChapitre 93 sur 244 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

GKSSLER , TELL, son fils, gardes, peuple.

G E SS L E R

Soldats , prenez l'enfant : qu'à cet arbre on l'attache.

TELL

Ah .' daus son jeune cœur c'est porter trop d'effroi • barbares, à mes mains laissez ce triste emploi. Hélas! je veux d'un lils dissiper les alarmes , Et j'ai peine moi-même à retenir mes larmes. Mon fils , laisse attacher ce bandeau sur tes yeux ; Ton père ne veut rien qui te soit dangereux ; Je ne te quitte point, mon cher fils, sois tranquille. Je t'aime , ne crains rien; sois sur-tout immobile; Du moindre mouvement, te dïs-je, garde-toi. Je t'en conjure ici pour toi-même et pour moi : Je vais dans un moment te détacher moi-même.

G E SS L E R

Hàte-toi d'accomplir ma volonté suprême : D'ici , séditieux, c'est à toi d'adresser Au but que sur sou front cette main va placer.

T K L I, , à l'autre extrémité du tliéâtre. Dieu protecteur, tu vois au bord de quel abîmii Gessler met avec moi cette tendre victime ; Veille du haut des cieux sur ses jours innocents; Sauve-le de son père , ainsi que des tyrans ! Mon bras va triompher si le tien le dirige ; Et pour sauver mon iîls tu me dois un prodige.

( Il tire la fleclie à genoux , abat la pomme de pin , si> relève , et retombe comme c'vanoui contre un roclicr. ) PEUPLE.

Vive Tell ! vive Tell !

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