‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 1 sur 135 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

notice, notes et commentaires , par G.-A. Sainte- Beuve, et avait pour épigraphe l'hémistiche de Martial : Habent sua fata libelli.

La sensation que produisit cette double publication à une époque de curiosité et d'effervescence poétiques fut considérable. Il y eut alors comme un véritable renouveau pour la gloire de Ronsard ; et ce retour du goût public ne fut point passager. L'enthousiasme perdit sans doute de sa première chaleur, mais la place élevée à laquelle le poète a droit dans l'histoire de notre littérature fut définitivement fixée. Depuis, on n'a plus cessé de s'occuper de Ronsard, de rééditer ses œuvres ou choisies ou complètes, et même d'en rechercher dans les manuscrits du temps les parties inédites, ou enfin d'étudier la biographie de l'auteur de la Franciade.

Quels qu'aient été ces travaux, on peut dire qu'ils n'ont pas effacé la publication qui donna le premier élan à la curiosité publique. M. Sainte- Beuve, avec la sagacité du critique et du poète, avait, dans Tœuvretouffue du vieux lyrique, recueilli la fleur, l'élite, — non pas sans doute tout ce qui doit survivre de Ronsard, mais ce qui doit rester dans la mémoire des lettrés ; ce qui est propre à faire apprécier et goûter aux générations nouvelles le génie « de l'Apollon de la source des Muses », comme l'appelait la reine Marie Sluart; ce qui mérite de devenir plus ou moins classique, c'est-à-dire d'être étudié par la jeunesse, d'être

POUR LA PRÉSENTE ÉDITION Ht

cité comme on cite des modèles ou des morceaux de choix d'uu autre âge et d'être signalé particulièrement à l'attention, au point de vue de l'histoire de notre langue et de notre poésie.

Le premier de ces deux volumes dont nous venons de parler, le Tableav, historique et critique de la poésie française et dit théâtre français au yivf siècle, fut plusieurs fois réimprimé. M. Sainte- Beuve l'accrut notablement dans des éditions successives. Il n'en a pas été de même du second volume, qui resta tel qu'il était d'abord. L'auteur, cependant, songea à le refondre, à donner au recueil plus d'ampleur. Il était déjà atteint par la maladie lorsque cette idée lui vint. Dans le cours de relations où je rencontrai beaucoup de bienveillance et de précieux encouragements, et dont le souvenir m'est cher, il me parla de son projet, il me proposa de m'y associer. Lui-même me remit l'exemplaire de l'ancienne édition qui devait servir de base à la nouvelle. Il fut convenu que l'ouvrage, remanié et développé, prendrait place dans la collection des Chefs-d'œuvre de la littéra' tnre française éditée par MM. Garnier frères, et les prospectus traçant le plan de cette collection annoncèrent en effet les Œuvres choisies de Ronsard, par MM. Sainte-Beuve et Louis Molaud.

M. Sainte-Beuve mourut avant que ce dessein eût été mis à exécution. Les éditeurs voulurent que la promesse faite à leurs souscripteurs fût tenue et que les Œuvres choisies de Pierre de

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