‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 18 sur 135 · XXVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE

en musique, où assistèrent des princes du sang, des cardinaux, le parlement de Paris et l'Université. L'oraison funèbre, prononcée par Du Perron, depuis évèque d'Évreux et cardinal, arracha des larmes à tous les assistants. On ferait un volume des pièces de vers, églogues, élégies, épitaphes, qui furent composées sur le trépas de l'illustre poète. Nous n'en citerons rien ; seulement nous donnerons, comme plus curieux, deux ou trois jugements sur Ronsard portés à une époque où sa gloire était déjà fort ébranlée.

Balzac a dit en son 31^ entretien : « Dans notre dernière conférence, il fut parlé de celui que M. le Président De Thou et Scévole de Sainte-Marthe ont mis à côté d'Homère, vis-à-vis de Virgile, et je ne sais combien de toises au-dessus de tous les autres poètes grecs, latins et italiens. Encore aujourd'hui il est admiré par les trois quarts du Parlement de Paris, et généralement par les autres parlements de France. L'Université et les Jésuites tiennent encore son parti contre la cour et contre l'Académie. Pourquoi voulezvous que je me déclare contre un homme si bien appuyé, et que ce que nous en avons dit en notre particulier devienne public? Il le faut pourtant. Monseigneur (^M". de Péricar(l,éTêqued''Angoiilême), puisque vous m'en priez, et que les prières des supérieurs sont des commandements ; mais je me garderai bien de le nommer, de peur de me faire lapider par les communes mêmes de notre province. Je me brouillerois avec mes parents et avec mes amis, si je leur disois qu'ils sont en erreur de ce côté-là et que le Dieu qu'ils adorent est un faux Dieu. Abstenons-nous donc, pour la sûreté de notre personne, de ce nom si cher

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