XXXIV NOTICE
ments mêmes qui aimeraient à n'en pas tenir compte. Aujourd'hui, l'opinion moyenne sur Ronsard et sa tentative est assez fixée pour qu'il ait été possible à M. Gaudar, ancien élève de l'École d'Athènes, de faire de ce poète le sujet d'une thèse en Sorbonne et d'y soutenir que Ronsard méritait plus encore que n'avaient réclamé pour lui ceux mêmes qui avaient paru aller trop loin. Et voilà M. Prosper Blanchemain qui, dans une éditiou de luxe publiée par un libraire bibliophile, a jugé qu'il n'était pas inopportun de présenter, non plus un extrait et un choix des œuvres connues de Ronsard, mais un surcroît d'oeuvres inédites, des variantes ou fragments tirés de recueils manuscrits, en un mot, quelque chose de plus que ce qu'on avait déjà. Ce sont là des signes assez évidents que la question de Ronsard, comme on pourrait dire, a marché et a fait son chemin depuis vingt-cinq ans dans le monde des lettres. On me permettra donc d'y revenir à mon tour, et pour dire un mot de ces travaux récents, et pour rappeler avec précision ce que j'avais désiré et demandé moi-même à l'origine.
Qu'on veuille se reporter en 1827, au moment où la curiosité critique se dirigeait dans tous les sens, non point par un esprit de simple étude et de connaissance impartiale, mais avec un désir de conquête, d'appropriation et une honorable avidité de s'enrichir au profit de l'art et, s'il se pouvait, de la création moderne. En même temps, une jeune école de poètes cherchait de toute part des voies nouvelles. M. de Lamartine avait du premier coup fait jaillir une source de sentiments élevés, abondante, et qui s'épanchait en une large et facile harmonie. D'autres poursuivaient, non sans effort, ce qu'ils étaient destinés à