‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 25 sur 135 · SUR RONSARD XXXV · texte numérisé non relu

SUR RONSARD XXXV

atteindre un jour ; ils gravissaient les rochers ou fouillaient les plis du vallon. Les princi])aux de ces poètes, ceux qui avaient le plus d'avenir, se rattachaient à l'ordre d'idées et d'affections inaugurées dès le commencement du siècle par M. de Chateaubriand, et dont la Restauration favorisait le réveil; et, pour cette autre initiation qui tient plus particulièrement à la forme poétique, ils aimaient à se réclamer d'André Ghénier, non pas tant pour l'imiter directement que par instinct de fraîcheur, de renouvellement, et par amour de cette beauté grecque dont il nous rendait les vives élégances et les grâces. Il faut (même après qu'ils sont devenus célèbres) voir les hommes tels qu'ils sont, tels qu'ils étaient, et ne point se payer de mots. La plupart des poètes de cette génération étaient instruits et avaient fait des études suffisantes, mais ils n'étaient point doctes. Il est aisé aujourd'hui à un ancien élève de l'École normale qui a, de plus, couronné son éducation classique à l'École d'Athènes, et qui a parcouru avec méthode pendant des années le cercle complet des lectures tant latines que grecques, de venir indiquer par où pouvait pécher une tentative d'imitation et un retour quelconque vers l'antique, et de relever les témérités ouïes inexpériences. Nos poètes de 1827 n'avaient pas fait, comme Gœlhe, leurs études dans des universités allemandes d'où l'on sortait en emportant \ Odyssée dans ses promenades; comme Byron ou les lakistes, ils n'avaient pas été formés dans des écoles où l'on tinit par lire les chœurs des tragiques grecs en se jouant. Ils avaient fait ce qu'on appelait sous l'Empire de bonnes études ; ils étaient gens du monde, quelques-uns militaires, pressés d'ailleurs de pro=

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