‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 5 sur 135 · EXCEL LK NT POÈTE FRANÇOIS · texte numérisé non relu

EXCEL LK NT POÈTE FRANÇOIS

Je veux, mon cher Belleau, que lu u"ignorcs point D'oîi, ne qui est celuy que les Muscs ont joint D'un nœud si ferme à toy, à fin que des années A nos neveux futurs les courses l'elournécs Ne cèlent que Belleau et Ronsakd n'osloieut qu'un Et que tous deux avoient un mesme cœur commun.

Or, quant à mon ancestre, il a tiré sa race D'où le glacé Danube est voisin de la Thrace : Plus bas que la Hongrie, en une froide part, Est un seigneur nommé le Marquis de Ronsaht,

> El) tùtû 49 rt34iiion 4es (Envrea ckQUm, de 1828.

NOTICE

Riche d'or et de gens, de villes et de terre. Un de ses lils puisnez, ardant de voir la guerre, Un camp d'austres puisnez assembla hazardeux. Et quittant son pays, fait capitaine d'eux, Traversa la Hongrie et la basse Allemaigne, Traversa la Bourgongne et la basse Champaigne. Et hardy vint servir Philippes de Valois, Qui pour lors avoit guerre encontre les Anglois.

Il s'employa si bien au service de France, Que le Roy luy donna des biens à suffisance Sur les rives du Loir : puis du tout oubliant Frères, père et pays, François se mariant, Engendra les ayeux dont est sorty le père Par qui premier je vy ceste belle lumière.

Mon père de Henry gouverna la Maison,

Fils du grand roy François, lorsqu'il fut en prison

Servant de seur hostage à son père en Espagne :

Faut-il pas qu'un servant son seigneur accompagne

Fidèle à sa fortune, et qu'en adversité

Luy soit autant loyal qu'en la félicité ? '

Du costé maternel j'ay tiré mon lignage De ceux de la Trimouille et de ceux du Bouchage, Et de ceux de Rouaux, et de ceux de Chaudriers Qui furent en leur temps si vertueux guerriers, Que leur noble vertu, que Mars rend éternelle, Reprint sur les Anglois les murs de la Rochelle, Où l'un de mes ayeux fut si preux qu'aujourd'huy Une rue à son los porte le nom de luy.

• On lit dans l'édition des Lettres de Marguerite de Navarre, publiées par M. Génin (page 469), une lettre du père de Ronsard qui annonce l'arrivée à Pédraze des princes François et Henri, dont il est maltre-d'hôtel. (Note de l'édition du Tableau de la poésie au xvi» siècle, de ISiô.)

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