‹ Œuvres choisies. Avec notice, notes et commentairesChapitre 61 sur 135 · POÉSIES POUR HÉLÈNE · texte numérisé non relu

POÉSIES POUR HÉLÈNE

Outre Cassamire, Marie, Astrée, Ronsard a chanlé aussi Hélène. C'était mademoiselle Hélène de Surgères, d'une bonne famille de Saintonge, et fille d'honneur de la reine-mère Catherine de Médicis. Ces nouvelles amours sont plus respectueuses que les autres et purement platoniques : elles furent entreprises avec l'agrément et en quelque sorte par l'ordre de la reine. Ronsard demeura jusqu'à samort l'adorateur de mademoiselle de Surgères, et dans les dernières lettres écrites de sa main à Galand, principal de Boncour, il ne manque jamais de présenter ses humbles baise-mains à cette noble dame; il y sollicite même plus d'une fois sa protection auprès du trésorier de l'épargne pour se faire payer l'arriéré de ses pensions. Guillaume Collelet conjecture qu'Hélène de Surgères peut bien avoir été aussi la Cléonice de Philippe Desportes.

Adieu belle Cassandre, et vous belle Marie, Pour qui je fu trois ans en servage à Bourgucil : L'une vit, l'autre est morte, et ores de son œil Le ciel se rejouit, dont la terre est marrie.

Sur mon premier avril, d'une amoureuse envie J'adoray vos beautez, mais vostre fier orgueil Ne s'amollit jamais pour larmes ny pour dueil. Tant d'une gauche main la Parque ourdit ma vie.

Page 1