IMITATION DE CATULLE
Aimons-nous, âme de ma vie, Aimons dans l'âge des amours; De la vieillesse et de l'envie Que nous importent les discours?
On voit mourir et renaître les jours : Mais dès que la lumière, hélas ! nous est ravie,
Songes-y bien, c'est pour toujours.
Jette-toi dans mes bras; je brûle, je t'adore! Viens,... au désir laissons-nous emporter. Baisons-nous mille fois, et mille fois encore, Puis... encor mille fois avant de nous quitter; Fêtons le jour, l'instant, le lieu qui nous rassemble, Et confondons si bien tous nos baisers ensemble Que les jeux des jaloux ne puissent les compter.
LES BAISERS i!
LEXTASE
Vois, ma Thaïs, cette vigne amoureuse Se marier à ce jeune arbrisseau;
Vois le lierre embrasser l'ormeau
De sa guirlande tortueuse.
Puissent tes bras voluptueux
Me serrer, m'enchaîner de même!
Puissé-je, par autant de nœuds, T'enlacer, te presser, te ceindre de mes feux; Me replier cent fois autour de ce que j'aime ! Et puissions-nous enfin nous reposer tous deux
Dans l'extase du bien suprême, Et ce calme enflammé connu des vrais heureux !... Alors, ô ma Thaïs ! ni les coupes riantes, Où la gaîté pétille en bachiques vapeurs, Ni la pompe des rangs, ni l'éclat des grandeurs, Ne me détacheroient do tes lèvres ardentes.
Anéantis, à force de sentir.
L'œil humide et chargé d'ivresse.
Arrivés à cette foiblesse.
Le dernier degré du plaisir...
La même barque au noir rivage
LES BAISERS
Poiteroit sans effort deux amans éperdus, Et nous y serions descendus Avant d'avoir soupçonné le passage.