VIII DORAT
rahscnt en général dénuées d'intérêt, Grimm écrivait ironiquement, en janvier 1766, dans sa célèbre Correspondance LITTÉRAIRE :
«... M. Dorât nous promet de ne nous plus donner rien d'héroïque. Il conçoit que nous pouvons en avoir assez, et il vaut mieux le sentir tard que jamais. Toutes ces petites productions sont ornées d'estampes et de vignettes en taille-douce . M. l'abbé de Galiani disait un jour que ce poète se sauve du naufrage de planche en planche. Cette plaisanterie donna lieu à l'épigramme suivante, que M. Dorât a la bonne foi de rapporter lui-même, car M. Dorât n'a point de fiel, et entend raillerie :
Lorsque j'admire ces estampes,
Ces vignettes, ces culs-de-lampes,
Je crois voir en toi, pauvre auteur
(Pardonne à mon humeur trop franche).
Un malheureux navigateur
Qui se sauve de planche en planche. «
Du reste, les épigramnies plus ou moins acérées harcelaient le poète. Bachaumont, dans ses Mémoires SECRETS, en publie une assez méchante (8 décenibre 1767) :
Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaîté 1 Bon Dieu ! qu'il est pesant dans sa légèreté ! Que ses petits écrits ont de longues préfaces ! Ses fleurs sont des pavots, ses ris sont des grimaces : Que l'encens qu'il prodigue est plat et sans odeur !