THÉMIRE
J'ai vu Thémire dans nos champs; Comme à la ville elle y sait plaire.
Thémire écoutoit mes accens.
Amour, Thémire étoit bergère !
Elle étoit belle sans apprêts ; Les lieux où brillent ses attraits Sont toujours ceux que je préfère.
Sous un bosquet, sous des lambris.
De triompher elle est bien sûre ; Les cheveux chargés de rubis, Le front couronné de verdure. Près d'elle tout paroît charmant ; De tout elle fait l'ornement.
Et rien ne lui sert de parure.
Si l'art quelquefois la séduit
Dans le séjour de l'impoiture,
Bientôt le sentiment l'instruit
Et la ramène à la nature :
Oui, c'est une onde que les vents
Troublent pendant quelques momens,
Mais dont la source est toujours pure.