‹ Œuvres choisies; avec une introdChapitre 70 sur 74 · L'IRRÉSOLUTION · texte numérisé non relu

L'IRRÉSOLUTION

C'en est fait! allons, je me rends; Zélis aura la préférence.

Oui, j'aime ses grands yeux mourans, Et sa naïve négligence.

Que ses regards sont éloquens !

Ils donnent de l'àme au silence.

Et Glycère, et ses dix-sept ans.

Ne sont plus rien dans la balance...

Mais la friponne, quand j'y pense,

A des altiaits bien séduisans!

Quel babil ! quelle extravagance !

Comme elle rit de ses sermens 1 Zélis est belle, Zélis pense, Et cela doit intéresser.

Glycère a plus : sa pétulance Jamais ne l'expose à penser.

Cependant, je ne puis le taire, Zélis sourit bien tendrement!

Mais l'autre, hélas! me désespère, Et me désole si gaîment !

Je lui sais gré de ma colère, Et peut-être de mon tourment.

Il faut donc adorer Glycère !...

Mais Zélis a tant de vertus!...

Mais l'autre a de si jolis vices!...

L'une a des charmes ingénus.

L'autre plaît par ses artifices.

Zélis, exempte d'injustices, A l'esprit égal et constant...

Glycère change à chaque instant : ' N'est-ce donc rien que des caprices?

Ah! c'est trop : Zélis a des mœurs.

Et je dois tout quitter pour elle; Mais, plus maligne que cruelle, Glycère affecte des rigueurs...

Cela distrait un cœur fidèle.

Dans la crise de ces combats.

Que résoudre enfin, et que faire?

Oui, oui, pour sortir d'embarras, Commençons par avoir Glycère.

Et toi, Zélis, que je préfère, Contre moi ne va point t'armer :

Je me dépèche de lui plaire.

Pour ne plus songer qu'à t'aimer.

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