II INTRODUCTION
de raison ou d'émotion vraie, et supprimant les improvisations devenues sans intérêt réel et un peu surannées.
La Harpe, qui jugeait le livre du chevalier en juillet 1791', disait avec beaucoup de justesse : « Les bons vers sont de tous les tenips pour le petit nombre d'hommes qui les aime et qui s'y connaît, et Bonnard était du petit nombre de ceux qui en ont su faire. Il était delà bonne école. Il écrivit avec pureté et élégance : il a de la vérité, de la délicatesse et de la grâce; on pourrait lui désirer quelquefois plus d'expression poétique et plus de précision dans les détails; mais en général son petit volume se lit avec plaisir, et, s'il y a des pièces faibles, il y en a d'excellentes. La meilleure [et il est à remarquer que c'est la première qui le fît connaître) est celle qu'il adressa^ à M. le chevalier de Boufflers...
1. L'édition originale de 1791, petit in-8, ornée d'un superbe portrait de l'auteur, entouré d'attributs ingénieux, et gravé par N. de Launay l'aîné, de l'Académie royale, d'après la miniature de Vestier, de la même Académie, a été présentée au public par Sautereau de Marsy, qui n'a pas signé sa notice historique.
En 1824 a paru une nouvelle édition des Poésies de Bonnard (i vol. in- 18), augmentée, et précédée d'une très courte notice, également anonyme. Sur la feuille de titre de ce volume, on lit l'épigraphe que le chevalier, très modeste, avait mise en tète de ses manuscrits :
...me quoque ralem Dixerunt nympli3e, sed non ego credulus illis.