DU TROISIÈME LIVRE D'HORACE
Donec gratus eram libi.
Horace.
Quand tu m'aimois, quand tes yeux pleins d'ivresse. Nos plaisirs, tes sermens, m'assuroient de ta foi.
Quand d'un rival lu fuyois la tendresse. Quel monarque jamais fut plus heureux que moi? Lydie.
Quand à tes yeux moi seule j'étois belle,
DU CHEVALIER DE BONNARD 8l
Quand ton amour étoit égal au mien, Quand tu fuyois Cliloé, quand tu m'étois fidèle, Le Ciel le sait, je ne désirois rien.
Horace.
Chloé me tient sous son empire; Sa beauté, ses talens, serrent nos doux liens; Sa voix, pour les chanter, s'accorde avec ma lyre : Ah ! pour sauver ses jours, je donnerois les miens. Lydie.
L'amour à Calais me lie ; Nos deux cœurs sont unis par un nœud éternel; Si ma mort répétée ajoutoit à sa vie, Que j'aurois de plaisir à le rendre immortel! Horace.
Mais, si quittant ma nouvelle maîtresse... Si l'Amour aujourd'hui te rendoit ton amant! Si, jurant à tes pieds de t'adorer sans cesse, J'expiois par mes pleurs une erreur d'un moment !...
Lydie.
Ah! que tu connois bien le pouvoir de tes larmes! Tu fus jaloux, trompeur, et tu me fais la loi : Malgré Calais et ses charmes, Je ne puis vivre et mourir qu'avec toi.
L'HYMEN ET L'AMOUR A M"« de Grosbois