INTRODUCTION V
sous-gouverneur des jeunes princes de la maison d'Orléans. Il n'avait alors que trente-trois ans, renuirque un de ses admirateurs, et cependant les témoignages universels d'approbation qui se manifestèrent faisaient dire à M. le duc d'Orléans : « Il faut bien que ce soit un bon choix, car tout le monde nous en félicite. »
En 1780, le colonel de Bonnard se maria selon son cœur; il eut deux fils de cette union, à tous égards si heureuse, mais, hélas! de bien courte durée.
On raconte qu'une tante qui avait toujours montré au poète une très vive affection le fît, en mourant, son principal héritier. « Matante a oublié que nous sommes trois frères, s'écria-l-il en recevant cette nouvelle, peu de temps après son mariage ; c est k moi de réparer son tort \ y) et le partage de la succession [assure un biographe anonyme qu'il nous est fort agréable de croire) se fit par portions égales.
La célèbre conilesse de Genlis, qui s'occupait déjà de l'éducation des jeunes princesses, petites-filles de M. le duc d'Orléans, fut appelée, sur sa demande, en 1782, à diriger aussi celle des princes. M. de Bonnard, ne jugeant pas opportun de modifier son système personnel, dut se retirer, à son vif regret; sa retraite si honorable lui valut de nombreuses sympathies. — Il reprit alors du service dans l'armée.