BOUQUET^ A TOI
Tu modo sola places; nec jam, te practer, in urbe Formosa est oculis ulla puella mais...
Nunc licet è cœlo mittatur arnica Tibullo, Mittetur frustra , deficietque Venus.
TlBDI.. , lil). IV, l3.
Plein des sentiments de mon cœur,
Veux-tu que , le jour de ta fête ,
Des vers d'un éloge flatteur
J'occupe et fatigue ma tête?
Zelmire , tout adorateur
Qui chantoit avant la conquête
Goûte en silence son bonheuriiiiKi iioa *5ï
Ainsi, l'oiseau dans le bocage.
Avant l'instant délicieux ,
Fait entendre au loin son ramage ,
Et puis se tait, pour jouir mieux.
Jouir, voilà notre partage.
43o , POÉSIES
Ta fête est sans cloute un beau jour : Je sais (ainsi le v^ lusage) Qu il faut célébrer son retour Par un bouquet, par un hommage Qu a l'am^ur-propre doit l'amour :
Mais ce soin est-il nécessaire?
Et, si j'eus l'art de te charmer, Si d'une ardeur involontaire Tes sens se laissent enflammer, Nous sonmaes bien sûrs de nous plaire; Il ne s'agit plus que d'aimer.
Ah ! je m'en rapporte à toi-même :
Est-ce par un vain compliment Que je puis prouver que je t'aime?
On ne le prouve qu'en aimant.
Ovide, auprès de sa maîtresse, Bien moins amoureux que galant, La louoit, la flattoit sans cesse.
Et lui montroit plus de talent Qu'il ne lui prouvoit de tendresse.
Il est vrai qu'il chanta l'amour.
Et son pouvoir à qui tout cède ; Mais bientôt, par un prompt retour, Il en sut chanter le remède.
Tibulle, en montrant moins d'esprit.
Développe un cœur plus sensible :
Il aime, il le sent, il le dit
DIVERSES. 48k
En moins de mots qu il est possible ;
Et souvent un mot lui suffit.
Aussi, je crois que son amante ,
Parmi tant d'hommages divers ,
Reçut de sa bouche éloquente
Bien plus de baisers que de vers.
C'est lui que je prends pour mon guide;
Tu ne trouveras point en moi
Les grâces ni l'esprit d'Ovide ;
Mais je prouverai , par ma foi
Et par le goût le plus solide ,
Que je suis TibuUe pour toi.
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