‹ Œuvres choisiesChapitre 110 sur 121 · STANCES A ROSINE · texte numérisé non relu

STANCES A ROSINE

Adorable Rosine, il est vrai; l'autre jour,

Dans je ne sais quel trouble, où Tame s'abandonne,

Pressé par le désir, égaré par l'amour,

£n te serrant la main , je t'ai dit : Ah, ma bonne !

Ce seul mot t'exprimoit les plus vifs sentiments; Je l'ai dit d'après toi : d'où vient donc qu'il t'étonne? N'en doute pas , Rosine ; il est mille moments Où, cent fois mieux encor, je dirois : Ah, ma bonne !

Si, lorsque mes regards s'arrêtent sur les tiens , Tes yeux me promettoient tout ce que l'amour donne ; S'ils peignoient des désirs favorables aux miens , Dans quel ravissement je dirois : Ah, ma bonne!

Si ta bouche charmante , au lieu de m'accuser. Me pardonnant l'aveu qu'une amante pardonne,

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G^nfbiidoit nos deux cœurs dans le feu d'un'baiser;

Combien je te dirois : Ah , ma bonne ! ah , ma bonne !

Si d'un voile inutile écartant les replis ,

Je caressois ton sein où la rose boutonne

Et mêle son éclat à deux touffes de lis,

Dans quelle émotion te dirois-je : Ah, ma bonne!

Enfin , si dans tes bras épuisant le désir,

De Tamour satisfait j obtenois la couronne ,

Et buvois avec toi la coupe du plaisir ;

Tous mes sens à4a-fois te diroient : Ah , ma bonne t

Que tu me verrois fier de t'étrc ainsi lié !

Mais le seul sentiment que oaon cceur te soupçonne

Elst ou Tindifférence, ou lu simple amitié.

Hélas! sans être heureux, comment dire : Ah , ma bonael

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