‹ Œuvres choisiesChapitre 112 sur 121 · VERS A CLOÉ · texte numérisé non relu

VERS A CLOÉ

L'amour, dis-tu, l'amour troubla ta vie; Et sur les cœurs , conquis par tes attraits , Tu veux venger tous les maux qu'il t'a faits ? Mais du carquois de la coquetterie Tu connois peu les redoutables traits; Je fuis, j'échappe à tes mains vengeresses. Non , tu n'as pas le talent dangereux D'entremêler les tourments , les caresses ; De rester froide en affectant des feux , De subjuguer en feignant des foiblesses : Tu ne sais point faire des m^heureux.

Quoi ! dès l'instant où ma bouche timide Te peint l'espoir dont mon cœur est séduit, Par un refus mon roman se décide?... L'amour s'éteint quand l'espoir est détruit. Ah ! tu pouvois être bien plus perfide ! Près de Renaud vois la farouche Armide : Le fer en main sa fureur le poursuit ;

Page 1