A M. DUHAMEL
J'aime à voir le zéphyr agiter dans les eaux Les replis ondoyants des joncs et des roseaux; Et ces saules vieillis , dans leur mourante écorce , Pousser encor des jets pleins de sève et de force. Ici tout m'intéresse et plaît à mes regards : Sur les bords du ruisseau , cent papillons épars , Avant que mes esprits démêlent l'imposture, Me paroîssent des fleurs que soutient la verdure. Déjà ma main séduite est prête à les cueillir ; Mais, alarmé du bruit, plus prompt que le zéphyr, L'insecte, tout-à-coup détaché de la tige, S'enfuit... et c'est encore une fleur qui voltige. Les arbres , le rivage , et la voûte des cieux , Dans le cristal des eaux se peignent à mes yeux : Chaque objet s'y répète ; et l'onde qui vacille Balance dans son sein cette image mobile.
Tandis que du tableau je demeure frappé , Soudain, vers l'horizon, le ciel enveloppé Roule un nuage sombre ; et déjà le tonnerre De ses flèches de feu le sillonne et l'éclairé : Mais un vaste intervalle en absorbe le bruit. La tempête, semblable aux ombres de la nuit, Dans le calme imposant du plus profond silence , Monte, se développe, et lentement s'avance. La nature frémit dans un muet effroi : L'air immobile et lourd s'appesantit sur moi. Tout-à-coup il murmure ; un tourbillon de poudre
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S'élève vers la nue où retentit la foudre ; La terre au loin mugit sous ses coups répétés , Et l'éclair étincelle à traits préci})ités ; Les cieux grondent; les vents sifflent; Turne célesto Menace le vallon d'un déluge funeste ; Et du haut des rochers d'un cours impétueux Tombent avec fracas cent torrents écumeux : Les oiseaux , que par-tout environne l'orage , Voltigent, incertains, de feuillage en feuillage; Et le jwtre éperdu , rassemblant son troupeau , A travers les guérets regagne le hameau. Moi-même, qui me trouble en voyant la tempête Comme un vautour affreux s'élancer sur ma tête , Je monte la colline... un abri m'est offert; C'est le château d'un sage aux malheureux ouvert : Duhamel, c'est le tien. Je suis tes avenues : Ébranlés par le poids de leurs têtes chenues , Tes ormes, sous le choc de deux vents opposés, Embarrassent mes pas de leurs rameaux brisés. A ce désordre, au bruit, aux éclats du tonnerre, On diroit que les cieux s'écroulent sur la terre. Par l'orage effrayé, j'en admire l'horreur : Le philosophe observe, et l'homme seul a peur. J'arrive; un important, couvert de ta livrée, Ne me fait point chez toi solliciter l'entrée : De ta porte à son aise on peut franchir le seuiL Cerbère caressant et de facile accueil ,
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Ton chien , sans m'obliger d'attendre une réponse , Court au-devant de moi, bondit, jappe, et m'annonce.
Si jadis tes aïeux parèrent ta maison Des bizarres beautés d'un gothique écusson , Dans tes jardins par-tout je vois que ton génie L'orna plus sagement des travaux d'Urânie. Ici, sur un pivot vers le nord entraîné. L'aimant cherche à mes yeux son point déterminé : Là de l'antique Hermès le minéral fluide S'élève au gré de l'air plus sec ou plus humide ; Ici par la liqueur un tube coloré De la température indique le degré :
Là , du haut de tes toits , incliné vers la terre , Un long fil électrique écarte le tonnerre. Plus loin la cucurbite , à l'aide du fourneau , De légères vapeurs mouille son chapiteau : Le régne végétal, analysé par elle.
Offre à l'œil curieux tous les sucs qu'il recèle ; Et plus haut je vois l'ombre, errante sur un mur, Faire marcher le temps d'un pas égal et sûr.
C'est là que les saisons , les mois , et les années, S'écoulent sous tes yeux en heures fortunées. Eh! quelle heure du jour pourrois-tu regretter? Par autant de bienfaits on te les voit compter. L'ami de tes vassaux-, et leur juge, et leur père, De leur humble cabane écartant la misère , Nouveau Titus , assis sur un trône de fleurs ,
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Citoyen couronné, tu régnes sur les cœurs.
Le temps fuit, de son vol le passage s'eft'ace;
Tes monuments divers en ont fixé la trace :
L'employer comme' toi , c est savoir Tarrêter.
Tu sais que ce tilleul que tu viens de planter
(Ne dût-il rien souffrir des vents et des orages) , .
N'en périra pas moins dans le torrent des âges.
Duhamel, ces cyprès que tes mains ont semés,
D'abord froids embryons dans la pulpe enfermés,
Attendirent le jour oii tu verrois leur germe
Sortir, développé , du sol qui les renferme :
Tu les vois aujourd'hui ces superbes cyprès.
En lustres élevés, décorer tes bosquets.
Mais le temps quelque jour, par un autre prodige.
Viendra déraciner et dépouiller leur tige.
Eb! combien, dont l'ombrage entouroit les tombeaux,
Sur la cendre des morts ont perdu leurs rameaux !
De nos tristes destins tel est l'ordre suprême ;
Tout périt ici-bas, tout... le tombeau lui-même.
Mais le sage, qui pense et calcule le temps, En sait mettre à profit les rapides instants. Tandis que les humains, jouets de la folie. Laissent évanouir le rêve de la vie , Le philosophe, actif sans être dissipé, Utile à son semblable et de l'homme occupé, Par ses travaux divers , ses soins , sa bienfaisance , Réalise le songe, et sent son existence.
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Il a tout observé, tout pesé, tout connu : Le terme arrive, il meurt; niais lui seul a vécu. Que dis-je ! il ne meurt point ; il survit à lui-même ; Dans le bien qu il a fait sa postérité Taime.
C'est ainsi, Duhamel, qu'aux jours de Tavenir Tes neyeux fortunés, pleins de ton souvenir, Sans aller te pleurer au pied d'un mausolée , S'imagineront voir ton ombre consolée Errer dans ces bosquets , sous ces arbres chéris , Que tes mains ont plantés , que la terre a nourris. Déjà n entends-tu pas , au sein de tes domaines , Ce peuple , qui cultive et féconde tes plaines , Tranquille sous les toits que tu viens d'achever, Bénir le bienfaiteur qui les fit élever? Là sa femme, ses fils , sa famille qu'il aime , Ses utiles troupeaux , ses valets , et lui-même , Sous un abri commode ont trouvé , par tes soins , Ce qu'il faut au bonheur, ce qui manque aux besoins. Qu'il est doux de jouir des fruits de sa sagesse ! Le pauvre , soulagé du fardeau qui l'oppresse , En s'occupant pour toi, trouve en toi des secours. Et d'un pain légitime alimente ses jours. Ici son bras nerveux ébranle et déracine Des rocs , qu'il fait rouler du haut de la colhne : Là, plus industrieux, sous les coups du marteau, Il dégrossit le bloc, qu'il finit au ciseau. Pour recevoir de l'air les douces influences ,
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Il creuse ici le sol à d'égales distances ;
Et dans cette avenue , au retour du bélier.
Tu lui feras planter Torme et le peuplier.
Lorsqu enfin , vers le soir, sa tâche est terminée,
Revenant à pas lents, chargé de sa coignée,
Harassé du travail, noirci des feux du jour.
Le front baissé, Toeil morne, il rentre dans ta cour,
De ta main bienfaisante il reçoit son salaire :
Le malheureux sourit , et va dans sa chaumière
Offrir d'un air content à sa chère moitié
Un pain qui lui manquoit, qu'il doit à ta pitié.
Sage Denainvilliers, jouis long-temps encore Du nom de bienfaiteur, de ce nom qui t'honore! Dans Paris, où l'orgueil de nos vains préjugés Donne aux grands des flatteurs et de vils protégés j Où le riche, écrasant la timide indigence. Au poids de ses trésors pèse son importance; .l'ai connu des mortels (et j'en rougis pour eux) Dont lame se fermoit aux cris des malheureux , Qui , détournant la vue à l'aspect de leurs larmes , De la douce pitié méconnoissoient les charmes : Mais va ; je n'ai point vu ces mortels froids et durs , Dans leur triste bonheur, goûter des plaisirs purs. Au miheu de l'éclat de leur cour turbulente. Je n'ai point entendu de voix reconnoissante Par le cri de l'amour publier leurs bienfaits. On les flatte souvent, sans les bénir jamais.
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Je les ai vus, trompés par leurs propres systèmes, Au sein des voluptés traîner l'ennui d'eux-mêmes : Blasés par l'habitude, heureux jusqu'au dégoût, Ils n'ont joui de rien en jouissant de tout. La nature a voulu, par la loi la plus sage, Que le plus doux plaisir fût celui qu'on partage. Des heureux que l'on fait on reçoit le bonheur; La main donne... elle achète un plaisir par le cœur. Plaignons l'être isolé qui dans lui se gpnferme !
Quand tu vois , Duhamel, sous l'orme de ta ferme , La joie , un jour de fête , assembler le hameau ; Lorsque la cornemuse et son aigre pipeau Font danser ton fermier, qui lourdement sautille, Et mène en rond l'essaim de sa jeune famille; Quand Lise, simple encor, mais fine en son minois, Sourit à son amant, qui lui serre les doigts ; Quand cette troupe aisée , et proprement vêtue , La gaieté sur le front, s'amuse et s'évertue. Un contentement pur t'intéresse à ses jeux : La volupté du sage est de voir des heureux.
Écoute : de tes murs aux remparts de la ville La tempête a rendu le retour difficile ; Donne-moi ton souper, quelques fruits, du lait frais, Rien de plus (l'amitié n'exige point d'apprêts) : Et si le ciel est pur, quand l'aube matinale Annoncera demain l'amante de Céphale ,
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Nous irons dans tes champs, au sortir du sommeil,
Admirer la nature, épier son réveil.
Nous verrons , dans ta cour, le coq fier et superbe ,
Pour y chercher le grain, éparpiller la gerbe,
Appeler aigrement son sérail assoupi ,
Entre mille beautés partager un épi;
Et, d'un bec amoureux, distribuer entre elles
Des baisers qui jamais n'ont trouvé de cruelles.
Nous entendons encor, sur le toit de leur tour,
Tes pigeons^ucouler les soupirs de Famour;
Et bientôt tu verras cette troupe élancée
Fondre sur tes guérets, par le besoin pressée,
Se relever cent fois en légers tourbillons,
Et d'une aile rapide effleurer les sillons.
Sortis de ta demeure , et traversant la plaine , Nous irons de Segrai visiter la fontaine; Segrai, vallon charmant dans sa rusticité. Source pure où l'on puise, où l'on boit la santé; Où la beauté flétrie, au moment d'être éclose, Vient embellir son teint des couleurs de la rose : Segrai , dont le breuvage, et salutaire et frais. Fait circuler un sang devenu trop épais ; Qui divise à-la-fbis nos humeurs engourdies , Et de la fièvre en nous éteint les incendies. Là, pendant que ton firère, occupé dans nos ports, De 1 une et l'autre mer parcourant les deux bords ,
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Ira de nos vaisseaux déterminer la coupe, Calculer les rapports de la proue à la poupe , Assujettir la quille, en affermir les bras, Étayer des haubans et la vergue et les mâts , Donner à la manœuvre un jeu facile et libre, Balancer tous les poids dans un juste équilibre ; Et par cet art, enfin maître des éléments. Enchaîner le caprice et la fureur des vents : Là, dis-je, loin du bruit des mers et des orages, Préférant une rive à de vastes rivages , Sur les bords d'un ruisseau paisiblement couché, Tu pourras m'expliquer par quel détour caché Du vallon de Segrai la nymphe solitaire Verse dans un bassin son onde salutaire : Ton esprit fixera mes esprits incertains. Je saurai si la terre , en ses noirs souterrains , Contient le réservoir de ces eaux inconnues ; Ou bien si ce tribut et de l'air et des nues , Par l'éponge des monts goutte à goutte filtré, Reparoît à nos yeux, et sort plus épuré.
Mais déjà je crois voir, le long de la chaussée. Courir vers la fontaine une foule empressée. Dans la simple parure et l'habit du matin , Vois Cloé , vois Rosine , une coupe à la main , Précipiter vers nous leur démarche légère. Un rustique échanson , dont l'œil les considère ,
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Leur verse le remède aux maux qu'elles n'ont pas, Et d'un air qu'il croit fin sourit à leurs appas. I.a nymphe de l'Essonne , en les voyant si belles , De honte en ses roseaux se cache devant elles. Eglé les suit à peine ; Eglé n'a plus d'attraits : Une sombre pâleur décolore ses traits.
On dit qu'un feu caché, que peut-être elle ignore, Aux plus beaux de ses jours la brûle et la dévore. Ainsi sous le midi , dans l'ardeur de l'été, La rose voit flétrir l'éclat de sa beauté ; Mais des zéphyrs du soir l'haleine caressante Relève et raffermit sa tige languissante. Le destin d'une ImîIIc est celui d'une fleur: Églé, comme la rose, a perdu sa fraîcheur; Et je crois que Lisis, que tu vois sur ses traces, Seroit l'heureux zéphyr qui lui rendroit ses grâces.
Cependant le soleil, monté sur l'horizon. Nous lance un feu plus vif, et luit dans le vallon. On cherche vainement la voûte d'un feuillage : Segrai n'a point encor d'ombre ni de bocage ; Mais par tes soins un jour, au pied de ces coteaux, L'érable et le tilleul étendront leurs rameaux. Puissê-je, dans ces temps, conduire ta vieillesse Vers ce riant asile , orné par ta sagesse ! La campagne à mes yeux eut toujours des attraits. Un charme plus puissant que de vains intérêts
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Du milieu des cités sans cesse m'y rappelle ;
Elle eut mes premiers goûts , et je suis né pour elle.
S'il est quelque laurier que ma main put cueillir;
Si d'un foible talent je puis m'enorgueillir;
Si ma lyre , fidèle aux lois de l'harmonie ,
Suppléa, dans mes vers , au défaut du génie ;
Si, moins brillant que pur, plus vrai qu'ingénieux.
Jamais d'un faux éclat je n'éblouis les yeux;
Aux bois, aux prés, aux champs, je dois ces avantages.
C'est là que j'esquissai mes premières images ,
Et que, par les objets ému profondément.
J'unis à mes tableaux le feu du sentiment.
J'observai la nature, et fus son interprète :
De ses vives couleurs je chargeai ma palette.
Souvent, lorsque la nuit déployoit dans les airs
Ce voile parsemé de tant d'astres divers ,
Quelquefois, quand l'aurore, étincelante et pure,
Des roses du matin coloroit la nature,
Ou lorsque le soleil , plus radieux encor,
Rouloit son char de feu sur des nuages d'or ;
Parmi ces jets brillants et ces nuages sombres,
Je saisis le contraste et du jour et des ombres.
Souvent du rossignol j'écoutois les chansons;
Il instruisit ma muse attentive à ses sons :
J appris à soupirer ces notes languissantes ,
De la plainte amoureuse expressions touchantes :.
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Je formai ces accords plus vivement frappés ,
A la joie, au plaisir, à Tivresse échappés;
Et, par ces tons divers, mon oreille exercée
Sut donner à ma voix l'accent de ma pensée.
Au bord de ce ruisseau qui, paisible en son cours,
Suit de ces prés fleuris la pente et les détours,
J appris lart peu connu d'abandonner mon style.
Et de laisser couler un vers doux et facile.
Chez nos cultivateurs transporté quelquefois.
Auprès de leurs foyers, à Tabii de leurs toits,
Dans les détails touchants de leur cabane obscure,
J'allois étudier les mœurs de la nature.
C'est là que par mon cœur mon esprit éclairé
Eut des sentiments vrais qu'il peignit à son gré.
C'est là que, près d'un fils , une mère attentive
Calmoit dans le berceau son enfance plaintive ;
Et, tandis qu'à cet autre , endormi sur son sein ,
Sa bouche sourioit de l'air le plus serein,
Un autre , un autre encor, qui jouoient autour d'elle ,
Occupoient tendrement son ame maternelle ;
Et mes yeux satisfaits furent souvent témoins
Des baisers dont l'époux récompensoit ces soins.
O cabane du pauvre ! ô demeure champêtre ! Malheureux qui te fuit et n'ose te connoître! Ah! puissé-je bientôt, libre et débarrassé. Rejetant le fardeau dont je suis oppressé ,
A M. DUHAMEL. iSi
Habiter un asile où Famé se consulte !
Des remparts de Paris fuyons le vain tumulte.
Quel besoin m'y rappelle, et qu'y voir aujourd'hui!
Le mérite oublié, le talent sans appui;
L'aimable poésie , à jamais exilée ,
Aux traits du bel esprit sans pudeur immolée ;
Une froide analyse à la place du goût;
La raison , qui desséche et décompose tout ;
Des écrivains du jour le style énigmatique;
Du contraste des mots le choc antithétique ;
Un faste sans éclat, un vernis sans couleur.
Des surfaces sans fond, des éclairs sans chaleur;
La gloire des beaux-arts ou souillée ou perdue ,
Et leur palme flétrie à l'intrigue vendue.
Il vaut mieux, Duhamel , assis à tes côtés , De la simple nature admirer les beautés. Oui , oui , je reverrai ta douce solitude : J'y viendrai de ton cœur approfondir l'étude ,
Y jouir avec toi du fruit de tes travaux,
Y nourrir le mépris d'un monde ingrat et faux ; Et, fuyant loin des dieux du globe sublunaire, Rechercher, consoler cet utile vulgaire
Qui, pour un prix modique, avec peine obtenu , Fait le bonheur de ceux dont il est méconnu. Ta longue expérience instruira ma jeunesse : Mes fleurs s'enrichiront des fruits de ta sagesse ;
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Et mon esprit, charmé de tes propos divers, Finira l'entretien en te lisant ces vers ; Ces vers, où je n'ai point, adulateur servile. Divinisé d'un grand le colosse imbécile , Mais où , fuyant la gêne et le ton de l'ennui , J'ai su louer un sage en causant avec lui.