ACTE I, SCÈNE III
Achevez et comblez le désordre où je suis. Caliste, est-il bien vrai, succombe à ses ennuis?
SCIOLTO
Que t'importent, cruel, les maux de ma famille?
LOTHARIO
Que m'importe ! grands dieux !
SCIOLTO
Retournez vers ma fille , Lucile; dites-lui, pour calmer ses douleurs. Que mes embrassements vont essuyer ses pleurs.
(LucUe sort.) (A Lothario.)
Allez... Toi, cours au port.
LOTHARIO
Ah! je dois fuir sans doute; Cahste me déteste, et je pars... Mais écoute: Si de tes derniers ans le cours t'est précieux , Ne précipite point un hymen odieux.
Attends le jour auguste où mes mains fortunées Tourneront vers ces bords nos poupes couronnées , Ou que ce même ami, qui doit suivre mes pas, A ta fille vengée apprenne mon trépas.
Quel intérêt...
LOTHARIO
Connois ce funeste mystère :
Je l'aime ; tu ne vis qu'autant qu'elle m'est chère. Tremble qu'à mon retour, amant fier et jaloux ,
282 CALISTE
Je n'immole avec toi deux perfides époux. Adieu.