‹ Œuvres choisiesChapitre 36 sur 121 · ET AUTRES GÉNOIS. ALTAMONT · texte numérisé non relu

ET AUTRES GÉNOIS. ALTAMONT

Protecteur d'Altamont, 6 mon auguste père ! Il luit enfin ce jour si lent pour ma colère , Ce jour où par l'honneur mon courage excité Au sénat avili rendra sa majesté.

Ordonnez , disposez.

SCIOLTO

Héros, Tespoirde Gênes, Craignons, en les brisant, d'ensanglanter nos chaînes. Tout nous seconde, amis. Ce farouche oppresseur, Du trône et de raut(:i profane usurpateur, Frégose, pour punir des peuples infidèles, Fait sortir de nos ports ses légions cruelles. L'affreux Lothario , son invincible appui , Sous le même prétexte est éloigné de hii. Je n'enveloppe point l'ingrat dans ma vengeance ; Pardonnez : je l'aimai dès sa plus tendre enfance; Et mon cœur, qu'il outrage et qu'il vient de braver, Par un dernier bienfait veut encor le sauver. Cet ordre est rigoureux, mais il est nécessaire. Un outrage nouveau, que mon orgueil doit taire,

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Force enfin ma justice à bannir cet ingrat.

Je le plains, mais je sauve et ma gloire et Télat.

ALTAMONT

Seigneur, oubliez-vous son audace et ses crimes? Qu'il périsse , ou craignons d'être un jour ses victimes. Sans vos ménagements , sans vos ordres sacrés , J'allois plonger ce fer dans ses flancs abhorrés. Des murs de ce palais il repassoit Tenceinte; Sur son front menaçant sa fureur étoit peinte. Ah ! seigneur, je ne sais , j'ai cru voir sur ses pas Les mânes paternels qui me tendoient les bras. Qu'on accuse aisément un mortel qu'on déteste ! Mon père, enveloppé dans un piège funeste. Par un bras inconnu mourut assassiné... Je hais Lothario; lui seul est soupçonné. Pourquoi donc aujourd'hui le soustraire à ma rage? Pourquoi la politique où suffit le courage? Commandez , ce colosse appesanti sur nous , Renversé, dispersé, périra sous mes coups. Et Frégose, avec lui couché sur la poussière, N'osera plus ici lever sa tète altière.

SCIOLTO

Non, mon fils; apprenez des desseins importants; Connoissez mes motifs et les malheurs des temps. Gènes, toujours esclave et toujours divisée, Quitta, reprit cent fois sa chaîne mal brisée. Nos murs tumultueux renferment dans leur sein

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