‹ Œuvres choisiesChapitre 43 sur 121 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Montrez-lui cet écrit garant de vos vertus ; La nature a ses droits.

CALISTE

Espoir que je n ai plus !

La nature , crois-moi , dans le sein d'une mère Jette un cri plus plaintif que dans celui d'un père. Eh ! comment annoncer au plus fier des mortels Qu'on a chargé mon front d'opprobres éternels? Vengeant, à cet aveu, l'honneur de sa famille j Du crime de l'amant il puniroit sa fille... Que dis-je ! Ce n'est pas sa fureur que je crains ; Puisse mon trépas seul ensanglanter ses mains ! Je tremble de porter dans son ame abattue Ce désir de la mort, ce poison qui me tue. Lucile, il est des maux qu'on n'ose confier; L'innocence rougit de s'en justifier :

Sans doute il est affreux de révéler sa honte.

LUCILE

Qui n'en est pas coupable aisément la surmonte. Mais enfin le temps presse, et bientôt sur ses pas Sciolto... Vous pleurez!... Vous ne m'écoutez pas!

CALISTE

Des apprêts de l'hymen déjà l'on m'environne; Aux feux de son rival un traître m'abandonne. . . Mais ne m'as-tu pas dit que ce monstre odieux Tcmtôt par sa présence a profané ces lieux? Dans ce séjour de pleurs quel motif le ramène?

398 CALISTE

Est-ce le repentir... ou Famour... ou la haine?

Si jaloux... lui jaloux !.. . Il le fut, mais, hélas!

Du faste des honneurs qu'il ne méritoit pas.

Quels sont donc ses projets? pourquoi revoir mon père?

S'il avoit de son crime éclairci le mystère...

Voilà ce que je crains, ce que je veux savoir...

Quoi! sentir mille maux, et toujours en prévcHr!

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