ACTE III, SCÈNE IV. 3i
CALISTE
Quoi ! tu peux balancer !
LOTHARIO
Il est vrai, je frémis...
Mais , tu le veux. . . J'y cours. .. quel crime ! Ah ! le perfide! Que lui dirai-je? hélas !
CALISTE
Laisse à ma voix timide , Laisse à mes cris plaintifs le soin de l'attendrir. Va, ce n'est pas à toi de vouloir le fléchir. Malheureux, qui, t'armant des bienfaits de mon père. Ravis à son amour la fille la plus chère ! Dissimule ta haine, et du moins à ses yeux Affecte les respects dont tu trompas mes feux.
LOTHARIO
A quel abaissement l'amour va me réduire! Ta bouche me l'ordonne, et je dois y souscrire; Mais après cet effort sur mon orgueil , sur moi , Puis-je implorer ma grâce et l'obtenir de toi?
CALISTE, avec noblesse. »
Qu'ose.s«tu demander? Dans ta fureur extrême Ne m'as-tu pas rendue indigne de toi-même? Méprisable à tes yeux , aux yeux de l'univers , J'irai loin de ces murs, dans l'ombre des déserts, Ensevelir ma vie , et ton crime , et ma honte. Heureuse si le ciel, par la mort la plus prompte. Retranche au gré des vœux de ce cœur opprimé
3i6 CALISTE.
Les jours où je te hais et ceux où je t'aimai ! Mais le temps presse, viens...
LOTHARIO
Oui, je te suis.