‹ Œuvres choisiesChapitre 64 sur 121 · LOTHARIO, CALISTE, MONTALDE, LUCILE · texte numérisé non relu

LOTHARIO, CALISTE, MONTALDE, LUCILE

(Lothario poursuit Caliste, et l'arrête lorsqu'elle est vers le milieu de la scène. Montalde s'oppose aux efforts de Lothario. )

MONTALDE.

Arrête.

LOTHARIO, furieux.

Laisse-moi.

MONTALDE.

Non, je veux t' observer.

LUCILE, à part.

Courons vers Sciolto.

CALISTE, se jetant dans un &uteuil.

Suis-je assez confondue?

Quoi ! tu poursuis encore une femme éperdue ! Monstre, sors de ces lieux.

* LOTHARIO

Non; ne Fespère pas.

La vengeance et Tamour m attachent sur tes pas ; De ton hymen ici je veux laver l'outrage.

CALISTE

Eh bien! venge-toi, frappe; épuise enfin ta rage.

3a8 . CALISTE.

LOTHARIO

Je dédaiçne tes cris , perfide ; tu n'as plus Cet empire usurpé par tes fausses vertus, Ce pouvoir inconnu , cet ascendant suprême Que mon cœur étonné te donnoit sur lui-même. Je viens de t arracher des bras de ton époux : Le crime désormais est égal entre nous. Tu perds par ton hymen le droit de me confondre ; Je t'accuse à mon tour, c'est à toi de répondre.

CALISTE

Quoi ! j'étois réservée à ce comble d'horreur!

Du moins , en l'arrachant , n'avilis point mon cœur.

Tu m'accuses , barbare ! et , si Ton veut t'en croire ,

J'ai cherché dans l'hymen mon bonheur et ma gloire;

Moi-même de ces nœuds je formai le tissu !

Tigre que les rochers dans leurs flancs ont conçu,

Ne pouvois-tu tantôt lire ma résistance

Dans mes pleurs, dans mes cris, même dans mon silence?

Juge si cet hymen me remplissoit d'effroi.

Cruel , j'ai souhaité qu'il fût rompu par toi ,

Par toi qui , n'inspirant ni l'amour ni l'estime ,

Aux vertus d'Altamont n'opposes que ton crime;

Qui n'as, sur ton rival, que l'avantage affreux

D'avoir trompé le cœur qu'il voulut rendre heureux.

Ta haine pour mon père , inflexible, obstinée.

Au pied de nos autels malgré moi m'a traînée.

J'ai cru que Sciolto, poursuivant ses desseins,

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