UN RACCOMMODEMENT
Oui, j'ai cessé de vous aimer :
C'est un aveu cruel à faire :
Mais j'ai vu votre orgueil s'armer Quand je vous fis l'aveu contraire.
Soit mépris pour mes sentiments , Soit un faux soin de votre gloire, A mon hommage, à mes serments Vous n'avez jamais voulu croire.
C'en est fait; j'ai su de mes feux Éteindre l'ardeur ridicule ...
Mais quel sourire dédaigneux !
Seriez-vous encore incrédule?
Non, vos doutes sont superflus.
398 l»OÉSlES
Si votre orgueil, trompé lui-même, Ne croit pas que je n aime plus , Il faut que vous croyiez que j'aime.
Cloé, de ce nouveau détour Sentez toute l'inconséquence :
Vous devez croire à mon amour.
Ou croire à mon indifFérence.
Que vois-je ! un sourire plus doux S'étend sur vos lèvres de rose !
Quoi ! l'amour n'a rien pu sur vous , Et la raison peut quelque chose?
Qu'importe? recevez ma foi :
Je n'affecterai point vos doutes.
Une de vos bontés pour moi Me fera bientôt croire à toutes.
Vos yeux sont baissés et couverts ! . . Il suffit; je crois les entendre.
Ciel ! j'avois donc brisé mes fers Pour le plaisir de les reprendre !
STANCES