SUR LA MALADIE DE S'AMYE
Dieu . qui voulus le plus hault ciel laisser, Ht ta haultesse en la terre abbaisseï-, La où santé donnas à maints et maintes , Tueilles ouyr de toutes mes complaintes Une sans plus , vueiUes donner santé A celle là par qui suis tourmenté.
Ta saincte voix en l'évangile crie Que tout \-ivant pour ses ennemys prie : Guerys donc celle , ô médecin parfaict , Qui m'est contraire , et malade me faict.
Helas ! Seigneur, il semble tant est belle. Que plaisyrs prins à la composer telle ; Ne souffre pas advenir cest outrage.
Que maladie efface ton ouvrage. ^
Son cmîionpoint commence à se passer.
Jà ce beau teint commence à s'effacer,
Et ces beaux yeuls clers et resplendissans.
Qui m'ont navié, deviennent languissans.
Il est bien vray que ceste gi'and' beaulté A desservy pour sa grand' cmauté Punition ; mais , sire , à l'advenir Elle pourra plus doulce devenir.
Pardonne luy, et fais que maladie N'ait point l'honneur de la faire eniaydie; Assez à temps viendra vieillesse pasle Qui de ce faire a charge principale.
Et cependant, si tu la maintiens saine, Ceulx qui veiTont sa beanlté souveraine , Béniront toy , et ta fille nature D'avoir fonné si belle créature.