I-à où feut mise après heureuse fin
Portez au bras cbascune plein coffin '
D herbes et fleurs, du lieu de sa naissance,
Pour les semer dessuz son marbre fin ,
Le mieux pourveu , dont ayons congnoissance
Portez rameaux parvenuz à croissance ,
Laurier , lierre et lys blancs honorez ,
Romarin vert , roses en abundance ,
Jaune soucie , et basinets dorez :
Passeveloux de pourpre colorez , »
Lavende frescbe , euillets de couleur vifve ,
Aubepins blancs, aubepins azurez ,
Et toutes fleurs de graut bcaulté nayfve.
Cbascune soit d'en porter attcntifve :
Puis sur la lumbe en jectez bien espais ,
Et n'oubliez force branche d'olive :
Car elle estoit la bergiere de paix.
Laquelle sceut dresser accords parfaicts
' Corteillel
DE CLEMENT MAROT. raS
Entre bergiers, alors que par le raunde
Taschoient l'ung l'aultre à se vendre deffaicts,
A coup de goy, de houlette et de funde.
Vien le dieu Pan , vien plus tost que l'aronde ,
Pars de tes parcs , d'Arcadie desplace ,
Cesse à chanter de Siringue la LIonde,
Approche toy, et te mets en ma place,
Pour exalter avec meilleure grâce
Celle de qui je me suis entremis :
Non ( pour certain ) que d'^i parler me lasse ,
Mais tu as tort que tu ne la gemys.
Et toy ïhenot , qui à plorer t'es mys
En m'escoutant parler de la très bonne.
Délivre moy le chalumeau promis ,
A celle fin qu'en concluant la sonne :
Et que du son rende grâces et donne \
Louenge aux dieulx des haults monts et des plains
Si hanltement , que ce val en resonne :
Cessez mes vers , cessez icy vos plaincts«
THENOT.
O franc pasteur , combien tes vers sont pleins De grant doulcenr, et de grant amertume. Le chaut me plaist, et mon cueuv tu contrains A se dotiloir plus qu'il u"ha de coustume. Quand tout est dict, Melpomené allume Ton stile doulx à tristeiuent chanter : Oultre, il n'est cucur et feust ce uug cnetu" d'enclume
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Qae ee propoz ne feisl bien lamentei'.
Pour quoy (Colin) sanj? flatei' , ne venter, Non seulement le bon flageol mérites :
Ains devroit on cLappeau te présenter De vert laurier pour choses tant bien dicte». Suz grans toreaux, et vous brebis petites, Allez au tact , assez avez bronsté :
Puis le soleil tombe en ces bas limites, Et la nnict vient devers l'aultre costé.