‹ Œuvres choisiesChapitre 99 sur 103 · SIX SONNETS DE PETRARQUE, SUR LA MORT DE SA DAME LAURE · texte numérisé non relu

SIX SONNETS DE PETRARQUE, SUR LA MORT DE SA DAME LAURE

VOI CH ASCOLTATE IN RIME SPARSE IL SCONO.

"Vous qui oyez en mes rythmes le son D'iceulx souspirs , dont mon cueur nourrissoye , Lors qu'en erreur ma jeunesse passoye, N'estant pas moy, mais bien d'aultre façon :

De vains travaulx dont feis rythme et chanson Trenver m'attens (mais qu'on les lise et veoye) Non pitié seule, ains excuse en la voye. Où l'on congnoist amour ce faulx garson.

Si veoye je maintenant , et entens Que long temps feuz au peuple passetemps, Dont à part moy, honte le cueur me ronge :

Ainsy le fïuict de mon vain exercice C'est repentance, avecq honte, et notice Que ce qui plaist au munde n'est que songe.

O PASSI SPARSI , O PENSIER VAGHl E PRONTI.

O pas esparz ! ô pensées soubdaines !

O aspre ardeur ! ô mémoire tenante !

O cueur débile ! ô voulunté puyssnnte ! O vous mes yeulx : non plus yeulx, mais fontaine

O bi'anche , honneur des vainqueurs capitaines, O seule enseigne aux poètes duysanîe !

O doulce erreur! qui sous vye cuysante Me faict aller ehercbant et monts et plaines.

O beau visaige où amour met la bride Et l'esperon , dont U me poinct et guide Comme il luy plaist, et defence y est vaine !

O gentils cueurs, et âmes amoureuses S'il en feut oncq ! et vous umbres paoureuses, Arrestez vous pour veoir quelle est ma peine.

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