‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 101 sur 165 · LES MAIS · texte numérisé non relu

LES MAIS

AIR : Te bien aimer, ô ma clAte Zelie»

Mais est un mot qui tient tres-peu d'espace i Mais c'est un mot très-souyent répété; Mais rarement par éloge se place , Mais c'est un mot pour le blâme usité.

Âvez-YOus vu cet opéra comique Dont les journaux nous ont dit tant de bien? — Oui, je l'ai vu; j'en aime la musique; Mais le poëme entre nous n'en vaut rien.—*

Piron disait de l'immortel Voltaire :

Je conviendrai qu'il est plein d'esprit ; mais A son égard les mais en sens contraire , Tout bien compté, ne finiraient jamais.

De mon curé , disais-je à mon vicaire , Savez- vous bien que le sermon me plaît? — Vraiment , dit-il , il a de quoi vous plaire I Il est fort bon ; mais c'est moi qui l'ai fait. —

Fêtant Tamour, le sommeil et la tonne , Par chacun an l'homme ici bas placé Rit le printemps , dort l'été , boit Fautomne ; Mais de l'hiver il se f&t bien passé.

— Âmi bourreau, ne me fais pas attendre, Disait un gueux prêt à se voir guinder. — Mon cher en£ant, moi je yeux bien vous pendre; Mais par yous-méme il faudra yous aider. —

Figeac doit gros ; mais pourtant par mégarde Figeac s'obstine à ne jamais payer:

Il a de plus mainte dette criarde ; Mais en reyanche il les laisse crier.

Un officier reçut à Ratisbonne Dans une jambe un coup de pistolet.

Le frater vint, et lui coupa la bonne; Mais il guérit celle dont il soufi&*ait.

Lorsque l'époux de la tendre Eurydice Voulut rayoir cet objet plein d'appas, Pluton lui dit : — Soit; je yous rends service; Emmenez-la, mais ne la voyez pas.*—

Le pauvre Orphée en fuyant des lieux sombres Fit quelque temps des efforts sup^us Pour embrasser la plus chère des ombres ; U regarda, mais il ne la vit phis«.

Mondor devrait avoir l'âme contente ; Mais un seul mais l'empêche d'être heujreux. — J'ai, vous dit-il, un bon million de rente ^ Mais par malheur mon voisin en a 4ei|x.; —

Charmante Eglc , dans un court tête à tète Je voudrais bien tomber à vos genoux ; Mais vous avez un mari malhonnête Qui ne sort pas lorsque Ton va. chez vous.

Mon Apollon en prend trop k son aise; Mais ces couplets ne sont point sérieux : Cette chanson est peut-être mauvaise j Mais k lecteur n'a qu'à hi £ûre mieux.

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